« L’éducation à la santé ne consiste pas à faire peur aux gens…
« …mais à leur donner l’envie de bien se porter », pousuit le Pr Maurice Tubiana, de l’Académie nationale de médecine, déclarant que « la prévention, ça n’est pas de dire aux gens de boire moins, c’est une stratégie ! Une stratégie qui consiste premièrement à éduquer les parents et deuxièmement à former les enseignants pour qu’à leur tour ils puissent éduquer les enfants dès le plus jeune âge ».
Telle était sa conclusion de la session sur l’éducation à la santé aux Journées de Prévention organisées par l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation à la santé). Car « l’éducation à la santé ne consiste pas à faire peur aux gens mais à leur donner l’envie de bien se porter », et de rappeler que les principales causes de cancer, principale cause de mortalité en France, restent le tabac, l’alcool et le manque d’exercice physique, autant de comportements modifiables.
Lors de cette réunion, Edouard Couty, ancien directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (DHOS), a pour sa part pointé l’importante responsabilité, dans la nouvelle organisation des futures Agences régionales de santé (ARS), vis à vis à de la prévention et de l’éducation à la santé autant qu’à y faire travailler les acteurs actuels. Il a plaidé, tout comme le recommande Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, pour la mise en place d’une « fongibilité asymétrique » (sic) des financements,
c’est-à-dire un système de rééquilibrage des financements du curatif vers le préventif, qui ne soit par contre jamais réciproque.
« La grande ambition de cette réforme est de faire passer le monde de l’offre de soins à une culture de résultat où l’efficience sera évaluée », a-t-il notamment déclaré.
Le Pr Jean-Louis San Marco, auteur d’une contribution à ce débat « Levons les obstacles à l’émergence de l’éducation pour la santé et de l’éducation thérapeutique » (1), a bien rappelé ce qu’est la véritable éducation pour la santé : « Une action transversale qui ne peut être viable dans les futures ARS si elles sont construites sur la base d’une structure verticale et cloisonnée ».
(1) Détails sur le site internet de la FNES www.fnes.fr
Auteur: Jean-Marie Manus, Conseiller à l'information Santé Publique Santé log
Publié le 24 mai 2008 |