L’INCESTE entre dans le code pénal
Actualité publiée le 29-01-2010
Association internationale des victimes de l'inceste
L'AIVI, Association internationale des victimes de l'inceste, par la voix de sa présidente Isabelle Aubry, s’est félicitée de l'insertion de l'inceste dans le Code Pénal le 26 janvier, votée en deuxième lecture à l’Assemblée nationale (1), après la ratification du projet de loi par le Sénat. C’est la fin d’un long combat de l’AIVI, un combat auquel s’est mêlée efficacement, il y a un an quasiment jour pour jour, une parlementaire Marie-Louise Fort, députée de l'Yonne, rapporteur du projet de loi.
La parlementaire avait fait voter en première lecture à l'Assemblée nationale, comme «Proposition de loi tendant à inscrire l’inceste commis sur les mineurs dans le code pénal et à améliorer la détection et la prise en charge des victimes d’actes incestueux», le 15 juillet 2009.
« Après un passage éclair au Sénat, souligne Isabelle Aubry, cette loi visant à insérer l'inceste dans le Code Pénal, à supprimer la notion de consentement de l'enfant, à organiser une prise en charge des victimes... va enfin voir le jour. Même si elle ne répond pas à 100 % à nos attentes, c'est un premier pas vers la reconnaissance et donc la prise en considération de ce crime, véritable fléau de santé publique ».
Un fléau qui toucherait 2 millions de personnes en France, selon un sondage effectué pour AIVI et AXA (2). L’AIVI rappelle souvent que les hommes sont tout autant victimes que les femmes. «Différence ? Ils n'en parlent pas : 95 % des députés présents pour voter la loi en première lecture étaient des femmes, voilà qui donne à réfléchir ».
Mais ce n’est pas fini pour l’AIVI : « Ce vote n'est qu'un début. Nous invitons maintenant tous les citoyens à suivre les travaux du gouvernement concernant les propositions qui se sont heurtées à l'article 40 concernant la prise en charge des victimes, la création de centres départementaux spécialisés... Le gouvernement devra rendre son rapport en juin. Nous ne savons pas à l'heure actuelle qui en a la charge ».
« Deux millions de victimes, aucune prise en charge spécialisée sur le territoire, pas de recherche, pas de formation des personnels et experts, notre pays en est à l'âge de pierre. Occupons-nous d'abord des 97 % d'agresseurs qui violent tranquillement leurs enfants au sein du foyer avant de faire du bruit sur des mesures pour récidivistes qui ne voient jamais le jour faute de moyens ».
Source : Isabelle Aubry, présidente d'AIVI
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(1) Deuxième lecture.
(2) sondage IPSOS pour AIVI et AXA Atout Coeur 28 janvier 2009 |