2 ROUES : LE NOUVEAU RAPPORT DE L'OMS, un rappel à l'ordre
Actualité publiée le 26-06-2009
Sécurité
Sur près de 1,27 million par an de victimes de la route, la moitié sont piétons, motocyclistes et cyclistes, vulnérables car moins protégés que les automobilistes. L’OMS ne s’occupe pas seulement des maladies, des traitements et de la répartition solidaire des moyens de santé : elle suit depuis longtemps cette « épidémie » qui s’appelle accident de la circulation et fait trop de victimes dans le monde. L’OMS y a consacré une récente Journée mondiale et publie la première évaluation mondiale de la sécurité routière.
Le Rapport sur la sécurité routière dans le monde de l’OMS analyse les effets (mitigés) de l’application de mesures de sécurité routière dans 178 pays (98 % de la population mondiale) : vitesse limitée, lutte contre l’alcool au volant, ceinture de sécurité obligatoire, dispositifs de sécurité pour enfants, port obligatoire du casque pour les 2-roues….
« Nous avons constaté que, dans de nombreux pays, la législation nécessaire à protéger la population n’existe pas ou n’est pas globale, et même lorsqu’existe une législation adéquate, la plupart des pays signalent qu’elle est peu appliquée », note le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS. « Si nous voulons que le nombre d’accidents, de handicaps et de décès cesse d’augmenter ou régresse, nous devons faire des progrès ». Ces accidents sont l’une des principales causes de décès, notamment dans la (large) tranche d’âge 5-44 ans.
En France, avait lieu le 13 juin 2009, la 2ème édition des Journées nationales de la moto et du scooter organisée par Axa Prévention et Club 14, avec pour thème cette année « l’environnement, la sécurité et la citoyenneté ». Les principaux acteurs du secteur des deux-roues motorisés (constructeurs, importateurs, équipementiers et représentants d’associations d’usagers) présentaient leurs dernières nouveautés en matière de sécurité routière et de protection de l’environnement. En effet, les motocyclistes constituent la catégorie d’usagers de la route la plus exposée au risque routier. Ils représentent 1,1 % du trafic, mais 18 % des personnes tuées sur les routes.
Si la mortalité est stable ou a baissé dans nombre de pays à revenu élevé ces dernières décennies, avec les pays où les décès augmentent et si rien n’est fait pour freiner cette évolution, le bilan mondial sera de 2,4 millions par an d’ici 2030. Les accidents font aussi 20 millions à 50 millions de blessés par an et sont une cause majeure de séquelles et de handicap. Or dans nombre de pays, la prise en charge des blessés est insuffisante, les victimes venant surcharger des systèmes de soins insuffisants ou à la limite de leurs capacités.
Conclusion : Meilleure prise en charge des blessés, législation renforcée, amélioration des infrastructures routières. Problème : la sous-déclaration des décès de certains pays, car peu disposent de données fiables. La mortalité est la plus élevée dans les Régions OMS de Méditerranée orientale et Afrique, la plus basse.aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Suède.
Il reste beaucoup à faire pour améliorer la situation de la sécurité dans le monde, et le Rapport pointe les insuffisances dans plusieurs domaines.
- Moins d’un tiers des pays satisfont aux critères de base pour réduire la vitesse en agglomération.
- Moins de la moitié des pays appliquent un seuil légal d’alcoolémie (< de à 0,50 g/L) par pour lutter contre la conduite en état d’ivresse.
- Le port du casque est conseillé dans plus de 90 % des pays, seuls 40 % le rendent obligatoire pour les conducteurs et les passagers de motocycles et exigent qu’il réponde à une norme.
- La ceinture de sécurité n’est obligatoire à l’avant et à l’arrière des voitures que dans 57 % des pays en général, et 38 % seulement des pays à revenu faible.
- La moitié des pays n’ont pas de législation sur les dispositifs de sécurité pour enfants (sièges, rehausseurs). Elle existe dans 90 % des pays à revenu élevé, mais dans 20 % des pays à revenu faible.
- Seuls 15 % des pays disposent d’une législation sur les facteurs de risque d’accident. (vitesse, non port de la ceinture…). Elle est souvent peu appliquée, surtout dans les pays à revenu faible.
Les accidents restent un problème grave dans les pays à revenu élevé : « Même dans les pays qui obtiennent les meilleurs résultats, on constate souvent que la situation n’évolue pas et que beaucoup de progrès reste à faire pour que le transport routier soit vraiment sûr », dit le Dr Etienne Krug, directeur du Département Prévention de la violence et du traumatisme de l’OMS.
Mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 19 juin 2009 (Affiche Sécurité routière)
Source : OMS, Genève
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Cette actualité a été publiée le 26/06/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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