AAAS : Premier bilan de santé des « BEBES EPROUVETTE »
Actualité publiée le 28-02-2010
Symposium
Le congrès annuel 2010 de l’AAAS (Advancing Science, Serving society) qui vient de s’achever à San Diego, consacrait au 22 février, un symposium sur l’état de santé des « bébés éprouvette ». Un risque accru de faible poids à la naissance et de prématurité et une légère augmentation des anomalies congénitales mais aucune preuve de risque accru de retard de développement ou de handicap moteur chez les enfants nés de la FIV, ont conclu les chercheurs.
L’AAAS réunissait cette année à San Diego, capitale mondiale de la recherche biomédicale et des biotechnologies du 18 au 22 février, des milliers de scientifiques, ingénieurs, décideurs, éducateurs et journalistes de quelque 50 nations pour des conférences qui couvrent les perspectives scientifiques et médicales jusqu’aux questions urgentes de politique générale. Au cours de ce congrès annuel, un symposium a passé en revue les considérations biologiques dans le développement de la FIV et a présenté un état des lieux sur le développement des enfants-éprouvettes. La crainte des parents liée à la transmission de défauts génétiques a été abordée ainsi que le point sur de nouvelles anomalies génétiques résultant de la fécondation par des gamètes anormaux, telles les anomalies chromosomiques de novo et les anomalies de l'empreinte génomique (processus biologique par lequel un gène est marqué d’une information sur son origine parentale).
Depuis que les premiers enfants sont nés en utilisant la fécondation in vitro (FIV) en 1978 puis par FIV avec injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI) en 1992, plusieurs millions d'enfants ont été conçus à l'aide de ces techniques. Dans certains pays, ces bébés « éprouvette » peuvent représenter jusqu’à 4 % des nouveau-nés, précise en ouverture, le Dr. Marvin L. Meistrich, de l’Université du Texas et praticien à l’Anderson Cancer Center. Le Dr. André Van Steirteghem, de l’Université libre de Bruxelles et du centre de médecine reproductive de Bruxelles rappelle à son tour que les techniques de procréation médicale assistée (ART) sont utilisées depuis plus de 30 ans et ont permis la naissance de plusieurs millions d'enfants dans le monde. Néanmoins, les FIV pourraient faciliter un type de transmission de matériel génétique et des marques épigénétiques associées à ces gènes qui ne pourrait pas avoir lieu autrement.
En effet, si les FIV sont des méthodes efficaces de « traitement » de l'infertilité et relativement sûres, elles contournent les étapes de la maturation normale du matériel génétique, exposent ce matériel à des conditions artificielles d'un laboratoire, et contournent les barrières sélectives impliquées dans la fécondation normale. On a néanmoins constaté, précise le Dr. Meistrich, une légère augmentation des anomalies congénitales de la progéniture.
Un risque accru de faible poids et de prématurité : De nombreuses études indiquent un risque accru de faible poids de naissance et de prématurité chez les enfants conçus par procréation médicale assistée. Le taux de malformation serait plus élevé chez les enfants de FIV par rapport à la population en général, ce taux étant principalement liée à des variables parentales et des antécédents génétiques, précise le Dr. Steirteghem. Mais, dans la grande majorité des cas, précise le Dr. Steirteghem , les variables de croissance (taille, poids, circonférence de la tête) et l’état de santé (dont l'ouïe et la vision) ne diffèrent pas entre les enfants conçus par FIV et les enfants conçus naturellement.
Certaines études font état de plusieurs maladies d'enfance ou d’un taux plus élevé d’admissions à l'hôpital, mais d'autres pas. L’explication, pour l’intervenant serait seulement qu’un plus faible poids de naissance et un âge gestationnel inférieur pourraient contribuer à ces résultats. Un besoin accru d'interventions chirurgicales pourrait être dû à une augmentation du taux de malformations. Un risque accru de problèmes neurologiques comme la paralysie cérébrale a été constaté dans quelques grandes études menées sur des enfants nés par FIV. Cette évolution est partiellement due à l'augmentation du nombre de jumeaux, nés à faible poids de naissance et à un âge gestationnel abaissé.
D'autres troubles du développement ont été identifiés, comme des convulsions fébriles et l'épilepsie. Mais il n’existe, précise le Dr. Steirteghem, aucune preuve d’un retard de développement ou de handicap moteur chez les enfants nés après FIV lorsqu'ils sont nés après 32 semaines de grossesse. Il ne semble n’y avoir aucun risque accru de cancer de l'enfance chez les enfants « de la FIV » mais il n’existe pas sur ce point suffisamment d’études concluantes.
Source : Congrès AAAS, traduction, adaptation Maurice Chevrier, Santé log, le 27 février 2010 (Visuels Santé log Petite enfance N°3 Copyright Fotolia)
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Cette actualité a été publiée le 28/02/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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