ADOS et SOMMEIL : Les nuits blanches peuvent mener à l’obésité
Actualité publiée le 06-09-2010
American Academy of Sleep Medecine
Une étude publiée dans l’édition du 1er septembre de la revue de l’American Academy of Sleep Medecine, « Sleep » et financée par le National Cancer Institute, le National Heart, Lung, and Blood Institute et les U.S. National Institutes of Health, montre que les adolescents qui dorment moins de huit heures par nuit consomment des quantités plus élevées d'aliments gras et de « snacking » que les adolescents qui font de bonnes nuits de sommeil, de 8 heures ou plus. Les résultats suggèrent qu’une durée de sommeil trop courte peut augmenter le risque d'obésité en raison d’une multitude de petits écarts dans les habitudes alimentaires qui, au final, modifient l'équilibre énergétique, en particulier chez les filles. Un facteur de risque trop rarement pris en compte dans la prévention de l’obésité chez les jeunes.
En bref, une durée moyenne de sommeil raccourcie est significativement associée à une augmentation de la proportion de graisses dans l’alimentation et à une diminution de la proportion de glucides. Après ajustement des facteurs tels que l'âge, le sexe et la race, les adolescents qui dorment moins de huit heures en semaine consomment, en moyenne, 2,2% de calories en plus provenant de graisses et 3,0% en moins de calories provenant de glucides en comparaison des adolescents qui dorment huit heures ou plus.
"L'augmentation relative de 2,2% de la consommation de matières grasses chez les adolescents peut sembler faible mais contribue à augmenter le risque d'obésité et de maladies cardio-vasculaires", a déclare l'auteur principal, le Pr. Susan Redline, professeur de médecine au Brigham and Women's Hospital et au Beth Israel Deaconess Medical Center, affiliés à la Harvard Medical School de Boston (Massachusetts). "La démonstration d’une modification chronique des habitudes alimentaires chez les adolescents à plus courte durée de sommeil permet de comprendre pourquoi cette insuffisance de sommeil a déjà été associée à l'obésité dans des études précédentes. "
L'étude a porté sur 240 adolescents âgés de 16 à 19 ans, dont 18% étaient obèses. Le sommeil a été évalué à domicile et la durée de sommeil moyen calculée sur les données d’au moins 3 soirs par semaine. La durée moyenne du sommeil durant la semaine s’élève à 7,55 heures, et seuls 34% des participants dorment en moyenne 8 heures ou plus.
L'étude révèle également une relation entre la durée du sommeil et le « snacking ». Pour chaque augmentation de la durée de sommeil d'une heure, la probabilité de consommer une grande quantité de calories provenant d’aliments de grignotage diminue en moyenne de 21%. Les analyses de la durée du sommeil et des apports en nutriments révèle qu'une proportion significativement plus élevée de jeunes qui dorment moins de huit heures s’alimentent/grignotent tôt le matin vers 5 -7 heures. « Cette alimentation décalée peut créer un stress métabolique qui contribue à un dysfonctionnement du métabolisme», déclare le Pr. Redline. L’explication avancée est que les réductions de sommeil affecter la production de leptine et la ghréline, 2 hormones qui stimulent l'appétit.
Une assiociation sommeil/alimentation plus forte « chez » les filles : L'association entre des durées de sommeil plus courtes et les mauvaises habitudes alimentaires s’avère plus forte chez les filles que les garçons. La seule explication, évoquée par les chercheurs serait la propension accrue des adolescentes à manger « émotif ». "Des recherches complémentaires sont donc nécessaires pour comprendre comment le sexe peut modifier la relation entre le sommeil, le stress, le métabolisme et les comportements alimentaires", conclut l’auteur.
Les réductions de la durée du sommeil peut altérer le taux de métabolisme et d'affecter la production de leptine et la ghréline, deux hormones qui régulent l'appétit. Une étude publiée en janvier dernier dans les rapports du JAMA avait estimé que le taux d'obésité chez les adolescents américains âgés de 12 à 19 ans était de 18,1% en 2007-2008. Les auteurs ajoutent que la prévalence de l’obésité chez les jeunes, constante depuis 10 ans, n'a pas diminué malgré les efforts de prévention.
« Le sommeil pourrait être le chaînon manquant dans la prévention de l'obésité ».
L'American Academy of Sleep Medicine recommande que les adolescents fassent des nuits d’au moins 9 heures de sommeil pour se sentir bien reposés durant la journée…
Source: American Academy of Sleep « Less is More: Study Shows that Teens Who Sleep Less Eat More Fatty Foods and Snacks », mise en ligne Claire Tancrède, santé log, le 6 septembre 2010 (Vignette Institut du sommeil )
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Cette actualité a été publiée le 06/09/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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