ALCOOL et risque de CANCER : DECOUVERTE d'une molécule réparatrice
Actualité publiée le 25-01-2010
Publication NIAAA
La consommation d’alcool chez les porteurs d’une certaine mutation génétique qui affecte un 1 milliard de personnes dans le monde entier, en particulier au sein de la population asiatique, peut entraîner des effets immédiats graves comme une rougeur du visage, des nausées, une accélération forte du rythme cardiaque et un risque accru de cancer. Des chercheurs de l’Ecole de médecine de l’université d’Indianapolis et de Stanford viennent d’identifier une molécule « protectrice ». Le National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA) publie les résultats de cette étude dans l’édition en ligne du 10 janvier de la revue Nature Structural and Molecular Biology. Ces conclusions ouvrent l’espoir d'un traitement pour réduire les problèmes de santé associés à cette anomalie enzymatique.
"Cette découverte fascinante pourrait avoir des conséquences importantes en santé publique", a déclaré le directeur par intérim du NIAAA, "Nous attendons avec impatience la poursuite des recherches pour aboutir à des traitements possibles pour les personnes atteintes de cette anomalie génétique."
Les chercheurs, à l’origine le Dr. Daria Mochly-Rosen professeur de chimie et biologie des systèmes à la Stanford University School of Medicine et le Dr. Thomas D. Hurley, professeur et Président associé du département de biochimie et de biologie moléculaire à l'Indiana University School of Medicine ont identifié une molécule appelée Alda-1 qui active l'enzyme déficiente et ont déterminé comment cette activation se produit.
Lorsque l'alcool est consommé, il est d'abord métabolisé en acétaldéhyde, une substance chimique toxique qui provoque des lésions de l'ADN. L’aldéhyde déshydrogénase 2 (ALDH2) est la principale enzyme responsable de la dégradation acétaldéhyde en acétate, un métabolite non-toxique dans l'organisme. Elle supprime aussi d'autres aldéhydes toxiques qui peuvent s'accumuler dans l'organisme.
Environ 40 % de la population asiatique sont porteurs d'une mutation génétique qui produit une forme inactive de ALDH2. Lorsque ces personnes consomment de l’alcool, l'acétaldéhyde s'accumule dans l'organisme, entraînant rougeur au visage, nausées ou battements cardiaques rapides. En plus de son lien à un risque accru de cancer, la forme inactive d’ALDH2 réduit également l'efficacité de la nitroglycérine contenue dans certains médicaments pour traiter l'angine de poitrine, certaines douleurs thoraciques liées à un manque d’oxygénisation du cœur.
Les chercheurs ont constaté que la molécule Alda-1 rétablit bien la structure de l'enzyme inactive. "La manière dont Alda-1 se lie à la structure d’ALDH2 nous explique les relations entre les activateurs et des inhibiteurs de cette enzyme de détoxification ", explique le Dr Hurley. "Ces résultats permettront d'aboutir à la modification de l'AADL-1, à améliorer son activité, et offre également la possibilité de concevoir de nouvelles molécules qui pourront affecter le métabolisme de façon sélective.
Le National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism est l'autorité américaine de recherche sur l'alcool et la santé et fait partie des National Institutes of Health.
Sources : NIAAA et NIH, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 24 janvier 2010 (Visuels INPES)
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