ALLERGIES : 84 % des Français font le lien avec ENVIRONNEMENT
Actualité publiée le 19-04-2009
Enquête CSA
Au moment où la priorité du deuxième Plan national santé environnement (PNSE2), énoncée par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie sera de "s'attaquer aux inégalités environnementales" qui visent les populations les plus vulnérables, le 4e Congrès francophone d’allergologie (CFA 2009) rend ses conclusions. Ce 4è CFA avait choisi pour thème « Maladies allergiques, maladies de l’environnement », l'environnement figurant pour la première fois au sommaire de ce congrès leader de la spécialité allergologie (d’ailleurs considérée seulement comme une compétence par l’autorité sanitaire). Qu’entend-on par environnement ? Vaste sujet… mais les allergologues, nous a-t-on dit, sont de plus en plus impliqués dans le contrôle de l’environnement…
A l’occasion de ce congrès ont été évoquées les réponses de 1 063 Français de 15 ans et plus, interrogés en mars par l’Institut CSA sur ce thème. « Un lien entre les maladies allergiques et l’environnement » : 84 % des interviewés en sont d’accord. Rappelons que plus de 20% de la population française souffre de la seule allergie respiratoire, liée à des facteurs environnementaux intérieurs, extérieurs ou atmosphériques.
Comment définir une réaction allergique liée à l’environnement ?
A ce propos, le Pr Frédéric de Blay, président de la Société française d’allergologie (SFA), rappelle que la réaction allergique peut être définie comme « une manifestation exagérée de notre organisme vis-à-vis d'une ou plusieurs substances environnantes au contact de laquelle il réagit, la considérant comme ennemie, et organisant alors une réaction équivalente à une réaction de défense ».
Il y a ici deux points essentiels :
D’une part la notion d’allergènes environnants, agressant l’être humain dès son plus jeune âge,
d’autre part la notion de réaction de défense, d’une réaction immunitaire qui ne saurait pas s’arrêter, selon l’image souvent donnée par les allergologues pour expliquer la réaction allergique primaire et ses manifestations secondaires à l’occasion d’un nouveau contact avec l’allergène.
Pour effectuer un diagnostic d’allergie, le médecin pose la question : L’apparition des symptômes est-elle liée à ce l’environnement du patient ? : Présence d’un animal domestique, substance liée à l'activité professionnelle (farine pour un boulanger, peinture pour un carrossier, teinture pour un coiffeur…), etc. Ce questionnaire doit être obligatoirement complété par la recherche d’anticorps, les IgE spécifiques (d’un ou plusieurs allergènes).
Une allergie justifie donc une enquête : Y a-t-il présence d’allergènes (pollens par exemple) dans l’environnement au moment où le patient présente des symptômes ? Le résultat de l'enquête montre que les personnes interrogées ont intégré cette notion, qui établit un lien entre les maladies allergiques et notre environnement.
Il faut donc comprendre « environnement comme « milieu de vie, de travail, de loisir ». Ainsi, en ville, ou dans les maisons, quelle est la part des polluants, renforcent-ils les symptômes de l’allergie ? De cela, 91 % des Français sont convaincus, puisqu'ils répondent oui à la question « Pensez-vous que la pollution extérieure et à l'intérieur des maisons puisse aggraver les symptômes d'allergie ? ». La notion de pollution intérieure dépasse aujourd’hui les allergènes intérieurs classiques : poussière, acariens, poils et plumes d’animaux familiers.
Le cas des polluants chimiques : « C’est effectivement vrai pour les polluants chimiques tels que le NO², gaz libéré par la pollution automobile, mais aussi les cheminées à foyer ouvert ou les poêles dans les maisons, indique le Pr de Blay. C'est le cas, que ce soit à l’extérieur, avec l’ozone et les particules diesel, ou à l’intérieur avec les composés organiques volatils, le formaldéhyde - notamment présent dans la colle des meubles en agglomérés - les désodorisants d’intérieur... De plus, il a été montré que des personnes ayant un asthme allergique aux acariens, réagissaient à des quantités d’allergènes plus faibles lorsqu’ils avaient été exposés au formaldéhyde ».
A l’intérieur ou à l’extérieur, les allergiques sont donc une population à risque de symptômes dus à la pollution. Maintenant qu’est mieux comprise la notion d’environnement, question : l’allergologue en est-il aussi le médecin ? Réponse : oui à 83 % ! L’occasion pour le Pr de Blay de rappeler que « les allergologues sont des médecins particulièrement formés à s’intéresser à l’environnement de leurs malades, et aux méthodes d'éviction et de réduction des allergènes ». CQFD.
Auteur : Yann-Mikael Dadot, Santé log, mis en ligne le 18 avril 2009
Source : Communication du CFA 2009
Visuel (2è Journée nationale de l’allergie), vignette Asthme et allergies http://www.asthme-allergies.org
Autres actus sur le thème Santé et environnement :
EXPOSITION A L'AMIANTE : Responsable de cancers du larynx et des ovaires
EXPOSITION A L’AMIANTE : Un niveau de risque encore mal identifié
ANTENNES- RELAIS : Le Parlement européen accepte de rouvrir le débat
QUALITE DE L’AIR DANS LES CRECHES : Lancement d’une étude par le Ministère de l’Ecologie
CRECHES : Exposition des enfants à certains CANCEROGENES
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 19/04/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|