ALLI + CONTRACEPTIF, ATTENTION : La conduite à tenir
Actualité publiée le 18-05-2009
Conduite à tenir
C’était pourtant écrit lisiblement sur les mises en garde de l’AFSSAPS destinées aux pharmaciens, un mois avant la mise en vente libre de la pilule « amaigrissante » Alli dans les officines françaises (et ailleurs en Europe) : « En cas de diarrhée sévère, l’efficacité des contraceptifs oraux peut se trouver réduite : il faut surveiller la conduite à tenir en fonction du type de pilule et un moyen de contraception complémentaire doit être conseillé ».
Détail : les médecins généralistes, diabétologues, endocrinologues et nutritionnistes ont reçu les mêmes mises en garde concernant l’accès libre à l’orlistat 60 mg des patients… qui ne les consulteront pas (ou très peu le feront). En revanche, la dispensation est laissée à l’initiative des pharmaciens… qui peuvent la refuser !
La pilule Alli® diminuerait ou neutraliserait l’activité de la pilule contraceptive, œstro-progestative ou progestative. Contrairement à ce qu’on a découvert il y a quelques années (et même un bon paquet d’années), ce n’est pas ici le résultat d’une interaction chimique entre médicaments au niveau du foie, comme on l’avait démontré chez les femmes sous contraception orale prenant par ailleurs des barbituriques. Cet effet neutralisant serait dû à l’activité du principe actif (l’orlistat, donc) au niveau de l’intestin grêle.
On sait que le principe actif de « la-pilule-qui-aide-à-maigrir-mais-pas-toute-seule » (nuance) empêche l’absorption d’une partie des graisses alimentaires (un tiers) par l’intestin grêle, cet organe qui est le véritable pourvoyeur des nutriments extraits de ce qui transite et vient baigner les villosités, organelles qui assurent le transfert des nutriments vers le foie.
Du fait de l’excrétion d’une partie des graisses de l’alimentation, on peut supposer que dans ce qui est excrété (sous la forme d’une diarrhée graisseuse scientifiquement appelée stéatorrhée), sans être absorbé, se trouvent les principes actifs de la pilule contraceptive, qui prennent la même voie que les aliments dans le grêle.
Voici pourquoi l’AFSSAPS a recommandé l’usage d’un moyen contraceptif complémentaire… qui peut être le préservatif DU partenaire, mais ce n’est pas précisé dans les recommandations. En tous cas, ce rappel officiel a suscité certaines réflexions sur les sites internet de certains journaux. La palme revient à TopSanté qui évoque de futurs: « bébé Alli ? »… Sur les pages qui évoquent la dite pilule, on voit fleurir des annonces pour des régimes amaigrissants différents et prometteurs. C’est ce qu’on appelle « l’effet d’annonce » (alléchante ?)…
La mise en garde sur ce point précis est dans la notice, mais… qui lit la notice ? Même celle des médicaments sérieux n’est pas toujours lue, alors qu’elle comporte des mises en garde, des contre-indications et des recommandations de bon usage du médicament…
On sait que « la-pilule-qui-aide-à-maigrir-mais-pas-toute-seule » est en vente libre (mais pas en accès libre : OTC) dans les pharmacies, le pharmacien ayant la possibilité d’en refuser la dispensation s’il juge que son/sa client/e n’en a pas besoin. Le problème, c’est que déjà sur internet, on peut acheter Alli® (livrée à domicile) sans passer par l’officine et les gros yeux du pharmacien.
Alors, bientôt des « bébés Alli » ?
Auteur : Yann-Mikael Dadot, Santé log, mis en ligne le 17 mai 2009.
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Cette actualité a été publiée le 18/05/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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