ALZHEIMER : Et si l’exercice mental accélérait le développement de la maladie ?
Actualité publiée le 05-09-2010
Neurology
Des chercheurs de l’Université de Chicago ont voulu vérifier qu’une activité mentale fréquente permet un déclin cognitif plus lent avant l'apparition de la démence dans la maladie d'Alzheimer (MA) et une régression de la maladie plus rapide par la suite. Résultat très surprenant : Si avant l’installation des premiers signes de déclin cognitif, stimuler son intellect reste conseillé, une fois ce déclin cognitif « en marche », peu importe l’exercice mental et une fois la maladie d’Alzheimer installée, cette activité cérébrale aurait tendance à aggraver les symptômes de la maladie. Conclusion des chercheurs, si un mode de vie qui stimule l'intellect n’est pas une mauvaise chose, une fois la maladie installée, l’exercice mental favoriserait un développement plus rapide de l’Alzheimer. Des résultats très nouveaux, publiés dans l’édition du 1er septembre de la revue Neurology.
Les chercheurs du Rush Alzheimer's Disease Center and Rush Institute for Healthy Aging et de l’Université de Chicago ont mené une étude de cohorte longitudinale, en évaluant, à intervalles de 3 ans, les personnes les plus âgées d'une population géographiquement définie, avec de brefs tests de performance cognitive à partir des résultats desquels une mesure composite de la capacité cognitive globale a été calculée. Après chaque vagued’évaluation, un sous-ensemble a été échantillonné pour évaluation clinique. Les résultats sont basés sur l’évaluation de 1.157 participants ne présentant aucun signe de démence lors de leur recrutement dans l'étude.
Lors de l'évaluation clinique, 614 personnes ne présentaient pas de troubles cognitifs, 395 présentaient une déficience cognitive légère, et 148une maladie d’Alzheimer. Au cours du suivi, le taux annuel de déclin cognitif global des personnes sans troubles cognitifs a été réduit de 52% pour chaque « point » supplémentaire sur l'échelle de l'activité cognitive. Dans le groupe de la déficience cognitive légère, le taux de déclin cognitif était sans rapport avec l'activité cognitive. Chez les malades atteints d’Alzheimer, le taux moyen de déclin cognitif augmente de 42% par an pour chaque point sur l'échelle de l'activité cognitive.
Ces conclusions s'inscrivent dans l’hypothèse de la "réserve cognitive" de la démence, une théorie qui défend que plus un cerveau a été stimulé jeune et tout au long de la vie, mieux il se défend alors contre les atteintes de l'âge. Les personnes mentalement actives peuvent mieux résister aux dommages progressifs des cellules du cerveau qui causent la maladie d'Alzheimer et d’autres formes de démence. Mais une fois que ce dommage a atteint un certain stade, peu importe l’exercice mental, les symptômes apparaîssent.
"L'activité du cerveau ne stoppe pas la neurobiologie de la démence sous-jacente, mais pendant un moment, elle semble efficace pour retarder l'apparition de symptômes supplémentaires», déclare l’auteur principal, le Pr. Wilson. "Mais l'avantage de retarder les premiers symptômes se fait au prix d’une progression plus rapide de la démence une fois installée."
Source : Neurology doi:10.1212/WNL.0b013e3181f25b5e « Cognitive activity and the cognitive morbidity of Alzheimer disease », mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 4 septembre 2010 (Vignette Alzheimer Association)
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Cette actualité a été publiée le 05/09/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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