ALZHEIMER : N’OUBLIONS PAS LES PEVD ET LE FACTEUR DE RISQUE VASCULAIRE
Actualité publiée le 17-08-2008

Pays en voie de développement
La prévalence de la maladie d’Alzheimer et les démences d’origine vasculaire (également impliquées dans l’Alzheimer) constituent un problème médical et économique croissant dans les pays en développement, et leur prise en charge et la prévention de leurs facteurs de risque connus va s’imposer de plus en plus à des systèmes de santé qui concentrent leurs moyens limités à quelques priorités de santé publique et sont sans doute mal préparés à faire face à des problèmes qui, déjà, embarrassent les pays développés.
Dans une récente édition de Lancet Neurology (2008; 7:812-826), le Groupe de recherche de la World Federation of Neurology Dementia (1) composé de chercheurs de 8 nationalités de pays majoritairement pourvus et médicalement avancés, souligne la nécessité de transmettre les connaissances sur les démences et ses besoins de prise en charge aux pays en voie de développement (PEVD). Même si la mortalité de ces pays est majoritairement due aux maladies transmissibles, à la précarité et aux conflits humains, l’incidence des démences augmentera, car les PEVD vont progressivement connaître un vieillissement de leur population, même si celui-ci n’est pas au rythme que connaissent les pays industrialisés.
Comme l’expliquent les signataires, les données en provenance des PEVD suggèrent que la prévalence des démences en rapport avec l’âge chez les sujets âgés de 65 ans est déjà élevée (25 % et au-delà) dans certains pays d’Asie et d’Amérique Latine mais assez basse (1 à 3 %) en Inde et en Afrique sub-saharienne. La maladie d’Alzheimer représente 60 % des cas, celle des démences d’origine vasculaire environ 30 %.
On note par ailleurs, soulignent ces experts, des formes familiales précoces (d’origine génétique) en Amérique Latine, en Asie et en Afrique. L’illettrisme apparaît par ailleurs comme un facteur de risque de démence. Les facteurs génétiques ne semblent pas influencer la progression en Afrique sub-saharienne.
Quant aux facteurs vasculaires (circulatoires), tels l’HTA et le diabète de type 2, ils contribuent à augmenter le poids sanitaire que constituent les démences. Poids économique aussi, où on l’évalue pour les PEVD à l’équivalent de 37 milliards de dollars par an (1 dollar = 1,40 euro). Mais y faire face avec les seuls besoins médicaux ne suffira pas : il faudra plus, car « soigner exige une protection sociale, qui semble rare dans ces régions », constatent les experts dans cette analyse peu encourageante.
En tous cas, la médecine humanitaire, déjà sur le terrain, se trouve devant une tâche encore plus lourde…
Auteur: Maurice Chevrier, infirmier
Mis en ligne le 17 août 2008
(1) World Federation of Neurologie Research Group, Dr RN Kalaria, Institute for Ageing and Health, Wolfson Center, Campus for Ageing and Vitality, Newcastle General Hospital, Westgate Road, Newcastle upon Tyne NE4 6BE, Royaume-Uni |