ANEMIE : DU FER INJECTABLE pour traiter l’anémie
Actualité publiée le 13-07-2009
thérapeutique
Pour corriger l’anémie ferriprive, quand la voie intraveineuse est plus pratique et plus efficace que la voie orale, le fer injectable en solution est la solution. Venofer® est la première spécialité à base de fer pouvant s’administrer par voie intraveineuse. Installé récemment en France, le laboratoire suisse Vifor Pharma a repris la distribution (jusque là confiée au laboratoire Thérabel Lucien) de son produit-phare, Venofer®, fer injectable en solution pour perfusion IV d’hydroxyde ferrique et de saccharose (100 mg/5 mL).
Les 4 indications principales de Venofer® :
- Dans le traitement de l’anémie de l’insuffisance rénale chronique au cours de l’hémodialyse, de la dialyse péritonéale quand le traitement oral se révèle insuffisamment efficace ou est mal toléré au niveau digestif.
- En cas de don de sang préprogrammé d’un patient pour ses propres besoins juste avant une intervention chirurgicale pouvant nécessiter un apport de sang (autotransfusion).
En cas d’anémie aiguë dans le post-opératoire immédiat quand l’administration de fer par voir orale est impossible : l’anémie réduit l’oxygénation des tissus et peut freiner la récupération du patient.
- En cas d’anémie par insuffisance en fer (hyposidérémie, carence martiale), soit un taux d’hémoglobine inférieur à 10,5 g/dL, chez les patients atteints de maladie inflammatoire chronique intestinale, ou MICI, quand le traitement oral est jugé inopérant par malabsorption.
Divers marqueurs détectent l’anémie, outre le taux de fer sanguin (sidérémie) et d’hémoglobine (hémoglobinémie) : ferritine, transferrine (taux de saturation, récepteurs solubles circulants). Le constat d’hémorragies justifie sa recherche, du fait de la perte de fer et d’hémoglobine (par perte d’hématies).
Les contre-indications au traitement par Venofer® sont à respecter, notamment l’hémochromatose génétique. Les études sur ce produit ont montré que les hématies captent au moins 90 % de la dose injectée (68 à 97 %). La posologie est de 100 à 200 mg, une à trois fois par semaine, selon les cas. La concentration maximum du fer sanguin est atteinte en 10 minutes.
Venofer® en solution injectable est « un médicament de première intention », précise la Commission de transparence de la HAS, chaque fois que le traitement oral n’est pas adapté. Ce qui signifie que dans certaines situation la voie IV sera choisie d’emblée. La HAS souligne aussi que « cette spécialité entre dans le cadre d’un traitement curatif de l’anémie liée aux MICI ».
« C’est la première spécialité à base de fer pouvant s’administrer par voie intraveineuse », souligne de son côté la Commission d’évaluation des médicaments, habilitée à décerner un niveau de SMR et d’ASMR (service médical rendu et amélioration du service médical rendu).
En gynécologie, on retrouve l’anémie ferriprive chez les femmes qui s’auto-prescrivent des régimes carencés, aggravée par les règles abondantes, posant problème lors d’une grossesse ou après accouchement hémorragique. Près de 40 % des femmes en âge de grossesse sont carencées en fer, 4 à 30 % des accouchées sont en anémie. Autre risque : les fibromes très hémorragiques. Constat : en gynéco-obstétrique, la carence martiale n’est pas assez recherchée.
En néphrologie, l’anémie est une complication fréquente de l’insuffisance rénale chronique, puisque le rein sécrète l’EPO. C’est un problème fréquent chez les hémodialysés (20 à 40 % de cas), chez lesquels fer IV + EPO sont utiles. Autre problème : chez les sujets en dialyse péritonéale à domicile, la nécessité du suivi infirmier pour le traitement par fer en IV.
En post-opératoire, la carence martiale est fréquente mais l’habitude de supplémenter en fer (IV plus qu’oral, vu le contexte) n’est pas encore installée et peu d’études sont disponibles. Le fer en IV permet de renforcer rapidement les réserves en fer sans l’intolérance digestive du fer oral. Comme l’a souligné la Commission de transparence : « L’anémie aiguë post-opératoire se caractérise par une dégradation marquée de la qualité de vie » et une récupération « plus lente ».
En cancérologie, les causes d’anémie sont multiples : inflammation, hémorragie, hémolyse… La chimiothérapie est également en cause. Fer et EPO sont donc utiles à posologies précises. On peut anticiper l’anémie chimio-induite par un traitement préventif bien conduit. Le suivi de l’hémoglobinémie dans le bilan biologique guide le traitement.
En gastro-entérologie, le fer en IV a notamment comme intérêt de résoudre la présence d’une malabsorption du grêle chez les sujets âgés, en cas de maladie cœliaque , les MICI on l’a vu, et dans les ulcères gastroduodénaux qui saignent (rares aujourd’hui avec les traitements ciblés). Ici aussi, l’hémoglobinémie est un élément-clé du suivi.
Conclusion : l’avantage majeur du fer IV est d’autoriser l’utilisation de posologies élevées, largement supérieures aux posologies orales, avec un risque limité d’intolérance ou de toxicité.
Auteur : Jean-Marie Manus, Conseiller pour la santé publique, Santé log, le 14 juillet 2009
Source : Vifor Pharma (Neuilly/Seine) , L’anémie ferriprive, du concept aux réalités cliniques du bon usage, symposium de pharmacie hospitalière, avec : C. Beaumont (INSERM U 773), B. Canaud (CHU Montpellier), C. Jamin (Paris)S. Lasocki (CHU Bichat, Paris), E. Luporsi (CRLCC Nancy), B. Duclos (CHU Strasbourg), S. Burckhardt (R & D, Vifor International).
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Cette actualité a été publiée le 13/07/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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