ANOREXIE, BOULIMIE : Le site pour tout savoir sur les TCA
Actualité publiée le 03-07-2009
TCA
Les professionnels du champ psychiatrique spécialisés dans les Troubles du Comportement Alimentaire (TCA) sont confrontés à des difficultés liées à la multiplication des demandes de consultation, la gravité des situations rencontrées. Face à ces difficultés, l’AFDAS-TCA (Association Française pour le Développement des Approches Spécialisées des Troubles du Comportement Alimentaire) met en ligne un nouveau site Internet sur la prévention et la prise en charge des TCA.
Ce constat accablant (1) mis en exergue par les équipes soignantes de Paris, Nantes et St-Etienne a été à l’origine de cette association regroupant : psychiatres, pédopsychiatres, endocrinologues, pédiatres, psychologues, cadres de santé, infirmiers, représentants d'associations de familles et d'usagers.
L’AFDAS-TCA par l’intermédiaire de son site Internet de prévention des TCA vise à :
· Améliorer les actions de prévention, de dépistage précoce et de soins à l'intention des personnes souffrant de TCA.
· Prendre compte la souffrance de l'entourage, et lui offrir l'information, aide et/ou soins.
· Favoriser l'action concertée des associations de familles et usagers.
· Permettre aux patients de bénéficier de soins de qualité au plus près de leur domicile.
· Optimiser les partenariats indispensables avec l'ensemble des professionnels impliqués dans ces prises en charge.
· Favoriser une meilleure coordination des équipes impliquées sur le territoire national auprès de ces populations aussi bien en termes de projet de soins que de formation et de recherche.
Selon le DSM-IV (DSM-IV : Diagnostic and Statistical manual of Mental disorders (4ème révision, 1994) : l’anorexie mentale et la boulimie nerveuse sont des additions « sans produit », nécessitant tout autant notre attention que les autres. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
· 15 000 décès par an (dont 10% d'hommes), sur environ un million de malades
· les TCA sont la seconde cause de décès chez les jeunes, après les accidents de la voie publique.
Quelle définition pouvons-nous poser sur l’anorexie et la boulimie ? L’AFDAS-TCA donne les réponses suivantes :
L’anorexie mentale : « la plus classique est celle de la jeune fille entre 14 et 18 ans. Mais il existe des anorexies mentales pré-pubaires qui surviennent donc avant l'apparition des premières règles. Cette pathologie peut aussi débuter à l'âge adulte. Enfin dans 10% des cas, elle touche le garçon où la préoccupation principale, plutôt que corporelle, est nettement plus centrée sur la sphère digestive. »
Pour faire le diagnostic d'anorexie mentale on recherche essentiellement 4 signes cardinaux son nécessaires :
· Un amaigrissement de plus de 15% du poids initial et/ou un indice de masse corporelle inférieur à 17,5 kg.m-²
· Une anorexie, une « perte de l'appétit » qui se traduit plutôt ici par une lutte active contre la faim et un évitement de tous « les aliments qui font grossir » fréquemment associé à d'autres manifestations qui ont toutes pour but de perdre du poids (vomissements provoqués, hyperactivité physique, utilisation de laxatifs, etc...)
· Une aménorrhée. Trouble endocrinien que l'on retrouve chez les garçons sous forme d'un désintérêt sexuel associé à une impuissance.
· Une perturbation de l'image corporelle (dysmorphophobie) où l'on ne perçoit plus sa propre maigreur associée à une obsession et une peur panique de grossir.
L'anorexie mentale est une pathologie potentiellement grave. Il existe 1/3 d'évolution vers la chronicité, se traduisant par des tableaux mixtes d'anorexie et de boulimie. On note dans les différentes études 7% de décès, tant par dénutrition que par suicide. Dans 50 % des cas l'évolution est nettement favorable. Les anorexies pré-pubaires, celles de l'adulte ainsi que les formes masculines étant classiquement d'un pronostic plus sévère.
Pour la boulimie nerveuse, il faut faire le distinguo entre 2 types :
· « la boulimie avec vomissements où le poids est normal ou légèrement inférieur à la normale et qui correspond aux 2/3 des cas,
· la boulimie sans vomissements où le poids est normal ou légèrement supérieur à la normale. La boulimie masculine est beaucoup plus rare (environ un homme pour dix femmes). »
Pour faire le diagnostic de boulimie on recherche essentiellement 3 critères :
· Il y a d'abord la crise de boulimie elle-même qui associe l'épisode hyperphagique (ingestion d'une grande quantité d'aliments dans un temps assez court) et le sentiment d'une perte du contrôle alimentaire à ce moment-là. Cette crise se fait généralement en cachette.
· Un comportement compensatoire pour prévenir la prise de poids (vomissements, jeûne, prise de médicaments, exercice physique excessif).
· Une dymorphophobie qui se traduit ici surtout par cette obsession et cette peur panique de prendre du poids.
L'âge de survenue le plus fréquent se situe entre 18-20 ans, le plus souvent il s'agit de jeunes filles.
Le site permet de découvrir, région par région, les 67 équipes soignantes regroupées au sein de l'AFDAS-TCA.
Il donne également accès aux 23 associations de la FNA-TCA (Fédération Nationale pour la Prévention des Troubles des Conduites Alimentaires) qui permettent de mailler sur tout le territoire le réseau de compétences des soignants avec celui des familles des patients.
Sources et compléments d'info :
- (1)« ce constat accablant »
- Accéder aux 23 associations de la FNA-TCA
- AFDAS-TCA- Accéder au site : www.anorexieboulimie-afdas.fr
- Mieux comprendre les troubles des comportements alimentaires
- découvrir, région par région, les 67 équipes soignantes
Mise en ligne Pierre Pérochon, diététicien-nutritionniste, le 3 juillet 2009 (Vignette et visuel http://www.inpes.sante.fr )
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Cette actualité a été publiée le 03/07/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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