ANTENNES DE TELEPHONE MOBILE: l’Académie de médecine remonte au créneau
Actualité publiée le 05-03-2009
Santé publique
Deux récentes décisions de justice justifient l’intervention de l’Académie nationale de médecine : le démontage d’antennes imposé les 4 février et 16 février à des opérateurs de téléphonie mobile, l’un à Tassin-la-Demi-Lune, l’autre à Châteauneuf-du-Pape. Ici et là, la Justice a appliqué le principe de précaution. Qu’en dit l’Académie?
1. Les antennes créent une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 100 000 fois plus faible que les téléphones portables : être exposé pendant 24 h à une antenne à 1 volt par mètre donne la même exposition de la tête que de téléphoner avec un portable durant 30 secondes.
2. On ignore comment les champs électromagnétiques de cette gamme d’énergie et de fréquence pourraient affecter la santé, l’OMS et le SCENIHR (1) s‘étant prononcés sur l’absence de risque.
3. A ce jour, aucun système sensoriel humain permettant de percevoir ce type de champ n’a été identifié, la quasi-totalité des études sur l’électro-hypersensibilité ont montré que les sujets concernés, bien que manifestant des troubles variés en présence de dispositifs émetteurs de champs électromagnétiques, sont incapables de reconnaître si ces dispositifs sont actifs ou non.
4. L’angoisse ou la phobie des champs électromagnétiques peuvent être réelles et justifier une prise en charge adaptée. Mais l’Académie déplore que ces troubles soient utilisés à des fins contestables… et rappelle que les téléphones mobiles (donc les antennes) permettent de sauver des vies humaines.
De ce fait, l’Académie s’étonne que la Justice n’ait pu juger qu’en faveur du plaignant, sans tenir compte des études disponibles et que par exemple un arrêt « puisse s’appuyer sur une erreur scientifique manifeste en prenant en compte le risque démontré de champs d’extrêmement basse fréquence émis par ces antennes ». Or « d’une part les antennes de téléphonie mobile émettent exclusivement en haute fréquence, d’autre part, le risque d’exposition aux champs d’extrêmement basses fréquences n’est pas considéré par le Centre international de recherche sur le cancer (Lyon) comme démontré ».
Conclusion, l’Académie s’inquiète pour la santé publique mais pas dans le sens que l’on croit : « La prééminence du ressenti du plaignant, si elle fait jurisprudence, remet en cause les fondements mêmes de l’expertise scientifique et médicale, au risque de laisser la porte ouverte à des décisions lourdes de conséquences en matière de santé publique. Une telle utilisation dévoyée du principe de précaution risque de conduire à une quête illusoire du risque zéro source d’erreurs, de retards et de dysfonctionnements du système de santé ».
A noter: l’Académie de médecine,l’Académie des sciences et l’Académie des technologies ont mis en place un groupe de travail pour examiner les questions que pose cette actualité judiciaire.
Mis en ligne par Louis-Marie Sibuée, Santé log, mis en ligne le 4 mars 2009
Vignette Association PRIARTéM : http://www.priartem.fr/
Source: Académie nationale de médecine, Communication http://www.academie-medecine.fr/publications_et_communication.cfm
Lire aussi :
PORTABLES, ANTENNES, WIFI : un nouveau TcherMOBILE ?
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 05/03/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|