Le Président délégué du Conseil d’Administration de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), Jean-Marie Le Guen, répond, en s’adressant aux personnels de l’AP-HP, au récent article du journal Le Parisien qui décrivait comme "des privilèges exhorbitants", les conditions de travail au sein du groupe hospitalier public. Cet article analysait un récent rapport de mi-février de la Chambre régionale des comptes (CRC) d'Ile-de-France qui qualifiait de "peu aboutis" les engagements pris en matière d'économies budgétaires et évoquait l’absence d’une véritable stratégie économique et médicale.
Un article du Parisien*, qui le 30 mars, fait état d’un effectif de médecins et d’agents non médicaux en surnombre en regard de l’activité réelle de l’AP-HP (nombre de lits occupés), d’accumulation et d’absence de gestion des RTT, de plannings peu adaptés à l’activité et d’un taux d’absentéisme élevé.
Le plan de restructuration de l’AP-HP intervient après un déficit de 20 millions d’euros en 2008 puis de près de 100 millions d’euros en 2009 et doit permettre d’atteindre l’équilibre en 2012 en réalisant une économie de 228 millions d’euros d’économie, en particulier sur les charges de personnel. La suppression de 1.150 postes a été annoncée pour 2010.
Un plan suspendu depuis le 12 mars dernier : Les personnels de l’Assistance publique avaient obtenu une suspension du plan de restructuration, une révision des mesures initialement prévues sur l'emploi, les conditions de travail mais aussi sur le regroupement de certains établissements et services, et une renégociation, avec leurs syndicats, du projet de restructuration, mettant, également en avant, l'absence de stratégie concertée du groupe hospitalier public.
Jean-Marie Le Guen, étonné des attaques de certains parlementaires à l’Assemblée nationale, communique aux personnels de l’AP-HP :
« Madame, Monsieur,
Vous avez été nombreux à me manifester votre incompréhension et votre émotion de voir notre institution dénoncée à la suite de la publication dans la presse d’un rapport prétendument explosif sur les soi-disant privilèges exorbitants de l’AP-HP. J’ai été étonné de voir, l’après midi même à l’Assemblé nationale, certains parlementaires relayer ces attaques et le gouvernement ne pas défendre notre institution. Un épisode de plus qu’il nous faut relever dans la série des propos malveillants et des attitudes vexatoires vis-à-vis de notre institution.
Quelques mots sur ce rapport pour en mesurer la portée réelle : tour à tour sont dénoncés le nombre des médecins et celui des personnels non médicaux : la même ritournelle qui refuse de prendre en compte la spécificité de l’AP-HP, sa recherche, son enseignement, l’importance des pathologies traitées, la précarité de ses patients. Des approximations apparaissent manifestement lorsque tour à tour sont dénoncés les hôpitaux soi-disant désertés l’après midi et des plannings changeants. Ces arguments mal étayés manifestent une méconnaissance du fonctionnement de l’hôpital et des indices d’activité. L’absentéisme est bruyamment dénoncé alors même que notre institution se situe parmi les meilleurs CHU à cet égard, même si cela constitue une question sérieuse que le dialogue social se doit d’aborder.
Nous relevons encore une fois l’utilisation fallacieuse des statistiques qui essaient d’opérer des moyennes entre des établissements aux missions et aux situations profondément divergentes et toujours la volonté implicite de rabaisser l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris.
Je regrette enfin l’absence complète de référence à la qualité et à la sécurité des soins dont le souci nous anime tous au quotidien. Ce que je veux retenir de ce document, c’est l’impérieuse nécessité d’un effort exceptionnel d’investissement pour l’AP-HP.
De l’utilisation caricaturale de ce rapport partiel et déjà daté, je ne voudrais pas tirer la conclusion que nous n’avons rien à améliorer dans notre organisation, ni opérer les réformes nécessaires. Ce serait la plus grande erreur qu’attendent ceux qui dénigrent notre institution.
Je veux donc ici profiter de cette occasion pour manifester ma gratitude et mon sentiment de confiance envers les personnels, mon souhait et je le crois, votre exigence de voir le dialogue enfin rétabli avec les pouvoirs publics.
L’unité et la mobilisation de l’ensemble de notre communauté permettra, j’en suis persuadé, de convaincre et de faire reconnaitre nos demandes légitimes auprès des pouvoirs publics.
Bien fidèlement à vous,
Jean-Marie Le Guen
Président délégué du Conseil d’Administration de L’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris
Député de Paris »