Après un INFARCTUS, les OMEGA 3 ne réduisent pas le risque cardiovasculaire
Actualité publiée le 30-08-2010
NEJM
La plupart des patients cardiaques qui prennent une supplémentation d'acides gras oméga-3 ne semblent pas en retirer une protection supplémentaire contre les troubles cardiaques, selon l’étude Alpha Omega, menée par la Netherlands Heart Foundation et le U.S. National Institute of Health avec le soutien logistique d'Unilever. Cette étude également présentée le 29 août au congrès de l'European Society of Cardiology et dont les résultats sont publiés dans l'édition en ligne du New England Journal of Medicine, n'est pas parvenue pas à prouver le bénéfice d'une supplémentation en oméga-3, en post-infarctus, via la consommation de margarine enrichie, durant 40 mois.
Le Dr Kromhout, chercheur principal et chef du département Nutrition humaine à l'Université de Wageningen aux Pays-Bas avait publié dans le New England Journal of Medicine les résultats d'une étude épidémiologique, vingt cinq années plus tôt, constatant que les consommateurs de poisson, à raison d’une à deux fois par semaine, présentaient un risque de maladie coronaire réduit de moitié. Avec cette étude, il souhaitait confirmer cette hypothèse dans une étude prospective contrôlée avec des doses d'acides gras oméga-3 reconnues comme suffisantes pour apporter ce bénéfice, mais les taux d'événements cardiovasculaires se sont avérés identiques, dans tous les groupes, quelle que soit la margarine consommée…
Alpha Omega est un essai multicentrique, en double aveugle contre placebo, portant sur 4.837 patients, principalement des hommes (78 %), âgés de 60 à 80 ans, ayant eu un infarctus dans les 10 années précédentes. Les patients ont consommé durant 40 mois une margarine enrichie en oméga-3 d'origine marine ou végétale ou les deux. Le critère principal était la fréquence des événements cardiovasculaires, fatals ou non fatals et les interventions cardiaques (angioplastie ou pontage).
Les patients ont été répartis en 3 groupes, « oméga-3 issus d'huiles de poisson (EPA + DHA) », « omega 3 d'origine végétale » (ALA) et groupe témoin.
Résultats, le taux d'événements cardiovasculaires est identique, de 13,9 % (OR EPA-DHA : 1,01 et ALA : 0,91), quel que soit le groupe, Donc la supplémentation en EPA DHA ou ALA n'a pas modifié les fréquences des événements.
2 « exceptions » :
-Les femmes à supplémentation en oméga-3 d'origine végétale (ALA) présentent une réduction de 27 % de la fréquence des événements cardiovasculaires (OR : 0,73 ; IC 0,51-1,03).
-Les diabétiques présentent également une réduction de 50 % des événements rythmiques chez les sujets supplémentés en EPA DHA et ALA.
Les Omega-3 ne réduisent pas la fréquence/ le risque d’événements cardiovasculaires majeurs," conclut le Dr. Kromhout, précisant que les résultats constatés sur les femmes et les diabétiques doivent être confirmés sur une plus grande échelle. Il est aussi possible que les traitements actuels des maladies cardiaques soient suffisamment performants pour réduire le bénéfice d’une supplémentation en omega-3.
*Légendes Courbe NEJM
· EPA : n−3 fatty acids eicosapentaenoic acid et DHA :docosahexaenoic acid (d'origine marine-dose : 400 mg/j)
· ALA : of the plant-derived alpha-linolenic acid (d'origine végétale-dose : 2g/j)
Sources : New England Journal of Medicine, online, 29 août 2010 « n-3 fatty acids and cardiovasular events after myocardial infarction » (Courbe), NIH (Visuel), mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 30 août 2010
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Cette actualité a été publiée le 30/08/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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