ASCO - CANCER DU POUMON : Avancée française dans la personnalisation du traitement
Actualité publiée le 02-06-2009
Chimiothérapie
Une protéine nommée « MSH2 » prédit le bénéfice de la chimiothérapie chez les patients opérés d’un cancer du poumon, ce sont les conclusions d’une étude, IALT Bio, présentée au 45è congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), par un Français, le Pr Pierre Fouret, chercheur à l’Institut de cancérologie Gustave Roussy. Cette présentation a été sélectionnée « Best of ASCO». Si la chimiothérapie adjuvante est devenue un standard dans le traitement du cancer du poumon, tous les patients n’en tirent pas le même bénéfice.
Le niveau d’expression de la protéine MSH2 dans les cellules tumorales peut prédire le bénéfice de la chimiothérapie adjuvante (post-opératoire) à base de cisplatine chez les patients atteints de cancer du poumon non à petite cellule. Les patients dont les tumeurs n’expriment pas ou faiblement MSH2 répondent mieux au traitement que ceux qui expriment fortement MSH2.
En 2005, plus de 30 000 nouveaux cas de cancers du poumon ont été diagnostiqués en France (dont 78 % chez l'homme). Cette même année, le cancer du poumon a causé près de 28 000 décès. Il représente la première cause de mortalité par cancer. En France, l’incidence et la mortalité du cancer du poumon augmentent chez la femme alors qu’ils diminuent chez l’homme. Le cancer dit « non à petit cellule » (NAPC) est la forme la plus courante du cancer du poumon, 85% des cancers du poumon sont non à petite cellule. Le principal facteur de risque connu de ces cancers est le tabagisme.
Les résultats de cette étude ont été présentés au 45ème congrès de l’ASCO, lundi 1er juin 2009, par le Pr Pierre Fouret, chercheur à l’Institut de cancérologie Gustave Roussy (IGR, Villejuif) et professeur à l’Université Pierre et Marie Curie. Cette étude rétrospective a été réalisée sur 653 patients de l’essai IALT (International Adjuvant Lung Trial) et fait partie de l’étude IALT Bio.
Depuis l’essai IALT, la chimiothérapie adjuvante est devenue un standard. Mais tous les patients n’en tirent pas le même bénéfice. Sur le long terme et sur l’ensemble de la population d’IALT, le bénéfice est faible.
MSH2 est une protéine utilisée par les cellules cancéreuses pour réparer leur ADN, endommagé par le cisplatine de la chimiothérapie. Les cellules cancéreuses échappent donc à l’action de la chimiothérapie à cause de MSH2.
Dans cette étude, la survie globale à long terme (à 7,5 ans) a été comparée entre les 416 patients MSH2- et les 257 patients MSH2+ et en fonction de l’administration ou non de la chimiothérapie adjuvante. La survie globale des patients qui ont reçu une chimiothérapie augmente de 16 mois s’ils sont MSH2- mais pas s’ils sont MSH2+. La survie globale médiane est de :
- 58 mois pour les patients MSH2- avec chimiothérapie;
- 42 mois pour les patients MSH2- sans chimiothérapie;
- 49 mois pour les patients MSH2+ avec chimiothérapie;
- 58 mois pour les patients MSH2+ sans chimiothérapie.
Puis les auteurs ont comparé MSH2 et ERCC1, une autre protéine, déjà identifiée comme facteur prédictif du bénéfice de cette chimiothérapie.
Un nouveau test, évaluant le niveau d’expression des deux protéines MSH2 et ERCC1 dans les cellules tumorales a été mis au point par les chercheurs, dans le but d’identifier les patients qui ont le plus de chances de tirer un réel bénéfice de la chimiothérapie adjuvante après chirurgie pour cancer du poumon. C’est une avancée supplémentaire vers la personnalisation des traitements : administrer à chaque patient le meilleur traitement c’est-à-dire le plus efficace et le mieux toléré, en fonction des critères biologiques de la tumeur.
Source : IGR, Chloé Louys, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 2 juin 2009 (Vignette Leem)
Lire aussi :
CONGRES ASCO: Espoirs thérapeutiques pour le CANCER DU POUMON ET le CANCER DU SEIN
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Cette actualité a été publiée le 02/06/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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