ASTHME : Un "brin" d'ADN pour maîtriser la maladie
Actualité publiée le 05-03-2010
Inserm
L’asthme d’origine allergique et ses symptômes sont généralement attribués, sur le plan biologique, à une réaction immunitaire excessive, qui dépasse son but, expliquent habituellement les immuno-allergologues. Mieux cerner ce mécanisme pour en développer une application thérapeutique, c’est l’objectif de l’étude publiée dans l’édition en ligne l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine (1) : A l’Hôpital Purpan de Toulouse, l’équipe du Centre de physiopathologie INSERM/UPS U 563 de Lucette Pelletier et Jean-Charles Guéry, apporte des éléments de compréhension de ce comportement paradoxal de l’immunité.
Quand le système immunitaire « s’emballe » : Les manifestations allergiques (cutanées, alimentaires, respiratoires) dénotent en fait un véritable emballement du système immunitaire. On sait que les lymphocytes T sont responsables de cette hyper-réaction. Le calcium, élément essentiel pour activer cette catégorie de leucocytes, est capté par l’intermédiaire de canaux calciques (présents dans nombre de cellules, comme les cellules musculaires lisses de l’artère), débouchant à la membrane externe des lymphocytes.
Utiliser des inhibiteurs de ces canaux calciques, pourrait permettre, en régulant le flux entrant de calcium, de maîtriser la réaction immunitaire dans des maladies où ils sont anormalement suractivées : maladies auto-immunes telle la sclérose en plaques, allergies... C’est ce qu’on a réussi en cardiologie avec les inhibiteurs calciques pour obtenir une relaxation artérielle.
Dans l’asthme, ce sont les Th2 (h pour helpers, auxiliaires… maladroits), coordinateurs de la réponse immunitaire, qu’on trouve impliqués. L’équipe INSERM de Toulouse a pu identifier un type de canaux calciques présents seulement sur les Th2 dont l'activation est nécessaire aux fonctions de ces lymphocytes. Elle a mis à l’épreuve une solution permettant de neutraliser spécifiquement les canaux calciques afin de pouvoir traiter la maladie allergique sans modifier le fonctionnement global du système immunitaire. Pour ce faire, ils ont introduit in vitro, dans des Th2, un brin d’ADN s'hybridant spécifiquement à l'ARNm (messager) codant les canaux calciques. Cette séquence d'ADN courte, ou antisens, a permis d’observer une diminution importante du nombre de canaux présents sur les Th2, jusqu’à obtenir l'incapacité de ces cellules à s'activer. De façon remarquable, le même ADN antisens administré in vivo par voie nasale a eu la même efficacité chez la souris asthmatique.
Prochaine étape de cette recherche enthousiasmante, appliquer ce traitement expérimental à l’homme. Il faudra à l’équipe de Lucette Pelletier et Jean-Charles Guéry montrer que les Th2 humains expriment ces canaux calciques particuliers, puis adapter la « stratégie souris asthmatique » à « l’homme asthmatique » en recourant à des antisens susceptibles d'inhiber la fonction calcique fonction des Th2 humains. Cette application thérapeutique pourrait être envisagée aussi bien dans l’asthme que dans d'autres pathologies de type allergique.
Source : Communication INSERM, mise en ligne par Alexis Yapnine, Santé log, le 4 mars 2010
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(1) Knocking-down Cav1 Calcium Channels Implicated in Th2-cell Activation Prevents Experimental Asthma. Marilena Djata Cabral, Pierre-Emmanuel Paulet, Virginie Robert, Bruno Gomes, Marie-Laure Renoud, Magali Savignac, Catherine Leclerc, Marc Moreau, David Lair, Marie Langelot, Antoine Magnan, Hans Yssel, Bernard Mariamé, Jean-Charles Guéry, Lucette Pelletier (lucette.pelletier@inserm.fr), American Journal of Respiratory and Critical Care Medecine, 18/2/2010.
Photos INSERM®, L. Pelletier. Les images de la partie gauche montrent l'aspect caractéristique de l'inflammation pulmonaire dans l'asthme avec un épaississement de la paroi des bronches, beaucoup de cellules inflammatoires et une production anormale de mucus. Les souris traitées par l'inhibiteur des canaux calciques (à droite) sont complètement protégées.
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Cette actualité a été publiée le 05/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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