AUTO-GREFFE DE TISSU OVARIEN : POURQUOI, COMMENT
Actualité publiée le 25-06-2009
Biomédecine
Une femme devenue stérile après une chimiothérapie intensive vient de mettre au monde une petite Ysaline de 3,7 kg à la naissance au CHU de Besançon après autogreffe de tissu ovarien.
Des prélèvements de tissu ovarien ont déjà été réalisés en France à quelques dizaines de patientes soumises à une chimiothérapie ou une radiothérapie entrainant une destruction des follicules ovariens. Pourquoi et comment le prélèvement puis l'autogreffe de tissu ovarien permet-il de sauvegarder la fertilité ?
Le prélèvement de tissu ovarien permet de préserver la fertilité de patientes atteintes de cancer ou de pathologies non cancéreuses pour lesquelles on utilise des chimiothérapies stérilisantes. Ces traitements altèrent de façon définitive les follicules primordiaux qui permettent la formation d’un ovocyte lors de chaque cycle et exposent donc les patientes à une infertilité irréversible.
Conservés par congélation, les fragments d'ovaire peuvent être restitués quand les patientes souhaitent mener une nouvelle grossesse une fois guéries. Chez la femme, la seule alternative est le don d'ovocytes, méthode qui ne fonctionne pas très bien après les traitements anticancéreux et qui implique un renoncement à sa propre fertilité. Plusieurs équipes françaises ont déjà pratiqué, ces dernières années des prélèvements de tissu ovarien.
Les Comités Consultatifs de Protection des Personnes dans la Recherche Biomédicale (CCPPRB) ont pour objectif de protéger les personnes qui se prêtent aux pratiques biomédicales. Les comités vérifient par protocole que prélèvements et cryopréservation du tissu ovarien soient pratiqués avec une rigueur scientifique suffisante et garantissent les droits des personnes concernées.
Soumis à leur approbation, les prélèvements de tissu ovarien ont lieu dans le cadre d'un protocole agréé.
Quelles indications, quels risques : La sauvegarde de la fertilité d'enfants ou de femmes soumis à des traitements stérilisants représente l’indication principale. Le risque possible majeur lors de la greffe de fragments de tissu ovarien chez ces patientes guéries est celui d'autogreffer des cellules malignes résiduelles présentes dans le prélèvement effectué lorsque la patiente était encore atteinte. Ce risque est plus élevé dans le cas où l'ovaire est lui-même porteur d'une tumeur cancéreuse ou pré-cancéreuse. Cette possibilité a été démontrée chez la souris par des chercheurs australiens, confirmant donc que des cellules malignes peuvent survivre dans le greffon. Les cellules anormales sont donc systématiquement recherchées dans l'ovaire prélevé par des techniques de biologie moléculaire.
Atteinte d'une maladie du sang depuis l'enfance, la patiente avait subit en 2005 une chimiothérapie intensive en vue d'une greffe de moelle osseuse. Elle accepta donc de se faire prélever un ovaire avant le début de son traitement. La partie externe de cet ovaire a donc été conditionnée, congelée et cryoconservée. Une fois guérie, trois ans plus tard, les fragments d'ovaire lui étaient restitués. Six mois plus tard, elle était enceinte.
Mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 25 juin 2009 (Vignette et visuel agence de la Biomédecine : http://www.dondorganes.fr )
Pour en savoir plus : http://www.cngof.asso.fr/D_PAGES/conf2003/conf/013/index.htm
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FORUM de la BIOETHIQUE à Rennes : Du « bébé éprouvette » à l’AMP
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Cette actualité a été publiée le 25/06/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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