AUTOSURVEILLANCE : TRAITEMENT ANTICOAGULANT ET MESURE DE L’INR
Un arrêté du 18 juin du Ministère de la Santé, paru au Journal Officiel du 24 juin, ouvre un nouveau chapitre de l’autosurveillance des traitements par les patients – après explication et formation de la part des équipes soignantes. Il s’agit de l’autosurveillance du traitement anticoagulant par anti-vitamine K (AVK), en évaluant son équilibre à partir d’un paramètre spécifique : l’INR (international normalized ratio).
C’est une réelle nouveauté en France, dans la mesure où il introduit la prise en charge d’un appareil d’automesure périodique de l’INR par les patients ou leur entourage, appareil non disponible jusqu’ici. Le traitement par AVK est notamment prescrit chez les porteurs de valves cardiaques artificielles, dans certaines malformations cardiaques, en cas de d’anomalie artérielle (sténose, anévrisme), pour hypertension artérielle pulmonaire, en prévention de la formation de caillots dans les veines ou les artères.
Le lecteur d’INR fonctionne selon le principe des lecteurs de glycémie : prélèvement de sang au bout d’un doigt, dépôts de la goutte de sang sur une bandelette réactive introduite dans l’appareil, lecture de l’INR sur un écran.
Ce type d’appareil d’automesure est déjà utilisé dans plusieurs pays d’Europe. Deux sociétés sont autorisées à le commercialiser en France : Roche Diagnostics (Coaguchek®) et Inverness Médical (INRatio®).
L’INR, qui doit se situer idéalement dans le cas présent entre 2 et 3, permet de confirmer l’anticoagulation
Idéale : ni trop (> 3 : risque d’hémorragie), ni trop peu (< 2 : risque de thrombose). Il exprime la qualité de la maîtrise d’un élément-clé de la coagulation : la prothrombine, par l’AVK. La vitamine K est quant à elle un des nombreux éléments permettant la coagulation du sang en cas de nécessité pour l’organisme. L’équilibre de ce traitement est réputé difficile – d’où la nécessité de la surveillance rapprochée – mais c’est un traitement efficace, notamment de prévention des thromboses veineuses (phlébites), artérielles (thrombophilie) et cardiaques.
Le rythme de surveillance de l’INR par le patient est fixé par le médecin traitant. La mesure de l’INR grandeur nature dans un laboratoire d’analyses de biologie médicale reste impératif, une fois par mois.
Auteur : Jean-Marie Manus, conseiller en santé publique Santé log
Mis en ligne le 29 juin 2008
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