BILAN DE L'AUTISME : L’IRM, un outil pertinent
Actualité publiée le 13-02-2009
Recherche en imagerie
Un groupe de chercheurs du CEA, de l’Inserm
et de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris vient de montrer,
grâce à l’utilisation de l’IRM que des anomalies cérébrales sont associées
à certaines formes de l’autisme. Les résultats de cette étude viennent d’être publiés en ligne par la revue PLoS ONE.
L’autisme est une pathologie due à une anomalie du développement neurologique pendant la période de maturation du cerveau. L’autisme apparaît donc au début de la vie et touche environ 1 personne sur 1000 dans une proportion de 4 garçons pour 1 fille. Si l’on considère l’ensemble des troubles apparentés, certaines recherches vont jusqu’à 6 cas sur 1000.
Cette pathologie qui dure toute la vie est fréquemment associée à d’autres handicaps : déficience intellectuelle, troubles sensoriels ou moteurs, maladies génétiques, épilepsie, qui impliquent de nombreuses difficultés pour les autistes au quotidien (Communication et perception, expression orale et gestuelle etc…) et rendent difficile leur insertion sociale ou professionnelle.
L’autisme n’est pas lié à une perturbation de la relation entre la mère et l’enfant, ses causes précises ne sont pas complètement identifiées même si les scientifiques « rangent » aujourd’hui l’autisme dans les troubles neuropsychiatriques génétiques.
Cette nouvelle piste d’étude des bases neurologiques de l’autisme fait partie des multiples recherches sur les causes neuropsychiatriques avec lequelles peuvent interagir d’autres facteurs environnementaux d’ordre physiologique (produits toxiques par ex.).
Les données issues de l’analyse IRM pourraient aider à mieux catégoriser les patients en vue d’investiguer plus finement les causes de l’autisme. L’imagerie par résonance magnétique montre en effet que plus de 40 % des enfants autistes présentent des anomalies cérébrales. Ce résultat a été obtenu par l’analyse systématique des images IRM de 77 enfants âgés de 2 à 16 ans atteints d’autisme, sans cause identifiée, ayant bénéficié d’un bilan pédopsychiatrique, neuropsychologique, métabolique et génétique très détaillé.
Alors que chez les enfants témoins, aucune anomalie n’a été décelée, chez 40% des enfants autistes, des anomalies prédominent au niveau de la substance blanche. Elles sont particulièrement marquées au niveau du lobe temporal, essentiel pour le langage et la cognition sociale.
La recherche en imagerie cérébrale contribue, aujourd’hui, à faire progresser la connaissance des atteintes cérébrales liées aux maladies dites
« mentales ». En attendant de voir confirmer ces résultats sur un plus large échantillon de personnes, il reste à déterminer les relations fonctionnelles entre les observations anatomiques et les manifestations de la maladie.
Source : Communiqué du CEA : Damien Larroque mis en ligne Louis-Marie Sibué, Santé log, le 11 février 2009
visuel CEA
Accéder à l’article publié sur PLoS ONE : MRI Findings in 77 Children with Non-Syndromic Autistic Disorder
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