BIOTERRORISME à l’ANTHRAX : Un nouveau vaccin bientôt prêt
Actualité publiée le 23-09-2010
Phase I
Le laboratoire Emergent BioSolutions (Rockville, Maryland) vient d’annoncer l’entrée dans un essai de phase 1 d’un anticorps monoclonal (nom de code : AVP-21D9), destiné à traiter l’infection respiratoire par le bacille de l’anthrax, appelé charbon en France (anthrax signifie charbon en grec, qui a donné anthracite). Ce traitement injectable, sorte de vaccin thérapeutique d’urgence, devrait contrecarrer les effets dévastateurs du bacille inhalé sur la fonction respiratoire.
L’essai de phase 1 de ce traitement de la phase aiguë post-exposition réunira 50 volontaires sains, sujets n’ayant pas inhalé d’aérosol d’anthrax, il n’en est pas question, puisque l’essai de phase 1, à de rares exceptions près, n’analyse que certaines données pharmacologiques et pharmacocinétiques concernant un nouveau médicament.
Emergent BioSolutions est l’un des quelques laboratoires américains spécialisés qui ont un potentiel de recherche suffisant pour développer des traitements contre une infection par le bacille du charbon et ont de ce fait les faveurs du gouvernement américain et de l’Armée, car les Etats-Unis vivent toujours dans la crainte d’une attaque bioterroriste (terrorisme à base d’agents biologiques), qui larguerait sur les villes des aérosols massifs de spores bacillaires. Vaccins et aérosols anti-anthrax figurent déjà dans la pharmacopée anti-terroriste virtuelle.
L’entrée en phase 1 de ce nouveau type de traitement potentiel « réaffirme l’implication d’Emergent d’aboutir au développement de contre-mesures prenant en compte l’anthrax inhalé en tant que menace biologique », déclare le vice-président du laboratoire, Stephen Lockhart, qui évoque « l’excitation » que procure à sa société la progression du développement de ce traitement de l’anthrax par anticorps monoclonal, ou ACM.
Il s’agit d’un ACM humanisé, dont l’efficacité a été validée sur les études en laboratoire et sur l’animal. AVP-21D9 serait ainsi une contremesure médicale apte à la survie après inhalation de bacilles du charbon, domaine où les besoins se font encore sentir… surtout « en cas de futures attaques à l’anthrax ».
C’est en mai dernier que la FDA a donné son feu vert pour l’entrée dans des essais pharmacologiques avec l’attribution au produit du statut d’Investigational New Drug (IND), la clé de la phase 1… et des phases suivantes.
Comme les autres traitements anti-anthrax précédemment proposés, les études sur ce produit sont financées par un organisme spécifique, le BARDA (Biomedical Advance Research and Development Authority), ainsi que par des organismes de la santé : National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID), National Institutes of Health (NIH), Department of Health and Human Services (HHS). Avec un contrat d’Etat à la clé. C’est donc sérieux. Emergent a déjà mis sur le marché BioThrax®, (Anthrax Vaccine Adsorbed), le seul vaccin anti-anthrax approuvé par la FDA pour la prévention de l’infection par le bacille du charbon.
Les Etats Unis se considèrent ainsi toujours en guerre contre un certain profil de terroristes : les bioterroristes, sous la menace d’une certaine forme de terrorisme : le bioterrorisme. La question est : doivent-ils être le seul pays du monde dans un tel état de la préparation?
Le Bacillus anthracis sous forme de spores très résistantes dans le milieu ambiant peut déclencher une infection humaine sur peau lésée, par ingestion accidentelle ou par inhalation. Dans l’organisme, les spores « éclosent » en bactéries qui se répliquent et sécrètent des toxines : PA, LF et EF, dont la combinaison deux par deux est cytotoxique. La forme inhalée est la plus létale (45 à 90 %).
Source : BusinessWire, Emergent Biosolutions, mise en ligne Claire Tancrède, Santé log, le 23 septembre 2010
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Cette actualité a été publiée le 23/09/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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