BISPHENOL A : L’AFSSA pour le PRINCIPE DE PRECAUTION
Actualité publiée le 08-02-2010
Sécurité sanitaire
Saisie en octobre dernier par le réseau santé et Environnement, l’Afssa, comme elle s’y était engagée a réouvert l’expertise sur le Bisphénol A (BPA) et préconise aujourd’hui le développement de nouvelles méthodes d’évaluation. Cette annonce intervient après une récente publication de la FDA qui, suivant un principe de précaution, publiait, il y a quelques semaines seulement de nouvelles recommandations sur la restriction des usages du BPA.
Récemment, la U.S. Food and Drug Administration (FDA) invoquait des études plus récentes pour faire part de son inquiétude concernant les effets potentiels du BPA sur le cerveau, le comportement et de développement endocrinien chez les fœtus, les nourrissons et jeunes enfants. Préférer l’allaitement maternel, veiller à utiliser des biberons sans BPA mais ne pas se priver des préparations pour nourrissons emballées dans des boîtes de conserve, telles étaient ses dernières recommandations pratiques, mais dans l’attente de nouvelles études toxicologiques.
En octobre dernier, le Réseau Environnement Santé (RES) rencontrait le nouveau Directeur de l’Afssa, Marc Mortureux autour du Bisphénol A (BPA) et de l’acide perfluorooctanoïque (PFOA) que l’on retrouve sous la marque Téflon. L’Afssa qui avait rendu 2 avis concluant à une absence de risque sur ces deux substances, annonçait sa demande de réouverture de l’expertise sur le Bisphénol A, ce qu’elle a fait en demandant à ses comités d’experts spécialisés de les examiner avec attention et d’auditionner le RES. Sur la base de cette expertise, l’Afssa a conclut que la méthodologie de ces études ne permet pas d’interprétation formelle des données qui remettrait en cause les précédentes évaluations du risque sanitaire.
Les effets observés en particulier sur le comportement après une exposition in utero et pendant les premiers mois de vie chez de jeunes rats, amènent l’Agence à poursuivre son travail d’expertise, en lien avec l’Efsa et le réseau international des agences, pour comprendre la signification en termes de santé humaine de ces signaux d’alerte. Le National Toxicology Program Center pour l'évaluation des risques pour la reproduction humaine, qui fait partie des National Institutes of Health (NIH) avait de son côté conclu à «une certaine préoccupation pour les effets sur le cerveau, le comportement et le développement de la prostate chez les fœtus, les nourrissons et les enfants au niveau d’exposition actuel de l'homme au bisphénol A.
L’Afssa recommande donc aujourd’hui :
- d’acquérir des données françaises sur la présence de bisphénol A dans le lait maternel, chez le nourrisson et dans les laits maternisés.
-de chercher d’autres sources d’exposition au bisphénol A que les matériaux au contact des aliments (poussières domestiques, eaux, contact avec les objets en polycarbonate) ;
- de définir rapidement une méthodologie adaptée à la détection d’une toxicité potentielle, chez l’homme et à basse dose, du BPA mais aussi des produits de substitution et plus largement des perturbateurs endocriniens.
Tout comme la U.S. Food and Drug Administration avait apporté ses recommandations, l’Afssa rappelle aux consommateurs qu’une mesure simple de précaution est d’éviter de chauffer à très forte température l’aliment (eau, lait, soupes…) s’ils utilisent des biberons ou des récipients en polycarbonate.
L’évaluation des perturbateurs endocriniens est donc une question maintenant posée et l’Afssa annonce « un point d’étape » d’ici à fin 2010.
Source : AFSSA, FDA, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 6 février 2010
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Rappel : Le bisphénol A (BPA) est un produit chimique industriel, utilisé dans la fabrication d'un plastique dur transparent, le polycarbonate, présent dans de nombreuses bouteilles en plastique et en métal dur pour aliments et boissons canettes depuis les années 1960, utilisé aujourd’hui dans plusieurs produits de consommation, y compris les bouteilles d'eau réutilisables et les biberons.
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Cette actualité a été publiée le 08/02/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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