BISPHENOL A: « Madame Bachelot serait mal conseillée »
Actualité publiée le 08-04-2009
Cyberaction
Le Réseau environnement santé (RES) fait parler de lui tout autant que le Bisphénol A ou BPA, son cheval de bataille depuis sa création. Il est vrai que le Canada interdit depuis octobre 2008 l’utilisation du BPA dans les biberons et, tout récemment aux Etats-Unis, non seulement les principaux fabricants de biberons se sont engagés à ne plus produire avec le BPA mais une proposition de loi vient d’être déposée pour interdire le BPA dans les plastiques alimentaires. Interrogée par des parlementaires, Roselyne Bachelot reste, quant à elle, sur la position de l’AFSSA qui conclut à l’innocuité du BPA à son niveau de concentration actuel.
Lancé très récemment, le 3 mars 2009, à Paris par un collectif le Réseau Environnement Santé (RES) rassemble quelques ONG dont WWF France, Fondation Sciences Citoyennes, MDRGF, Fac Verte, Objectif Bio et Nord Ecologie Conseil. Son préalable, « considérer comme primordiale la relation de l’homme à son écosystème, afin de faire du lien environnement-santé le cœur de la politique de santé et de la politique de l'environnement. » Le RES souhaiterait peser sur les politiques publiques, comme sur certains dossiers, sur la politique de Santé publique.
Le RES vient de remettre en question la position de Roselyne Bachelot qui soutient l’innocuité du BPA, en dépit des dispositions déjà prises dans d’autres Etats – voir nos autres actualités ci-dessous –, en s’appuyant sur les résultats des études menées par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) et l'Agence européenne de sécurité des aliments qui conclut « Pour son estimation conservatrice d’exposition des nourrissons, l’AESA a retenu une concentration de 50 μg de Bisphénol A par litre de boisson dans des biberons, valeur pouvant être considérée comme la quantité maximale transférable à l’aliment. Cette valeur est largement supérieure aux données expérimentales issues d’études dans des conditions d’usage variées se rapprochant de conditions réalistes (durée de contact, température, nettoyage, répétition d’usage, vieillissement)». Le RES se recommande des résultats contradictoires entre études financées par l’Industrie et études indépendantes : « Toutes les études menées par des scientifiques financés par l’industrie ne montrent aucun effet (11/11).
90 % des études menées par des équipes indépendantes de l’industrie montrent des effets (94/104) (115 études menées à la date du 31/12/04).(Vom Saal et al, 2005) ».
Pourtant, le BPA est un produit chimique utilisé depuis de nombreuses années pour la fabrication de plastiques utilisés dans de nombreux récipients alimentaires, tels que les bonbonnes d'eau réutilisables, les biberons, la vaisselle (assiettes et tasses) et les récipients de conservation (Conserves, emballages boissons). Le BPA est également fréquemment employé dans les emballages alimentaires, certains matériaux de construction, les jouets pour enfants ou encore les téléphones portables. Cle produit a été l'objet de nombreuses études qui laissent supposer des effets toxicologiques sur les animaux et l'homme, dont l’étude du Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN).
Le 1er avril dernier, le RES déclarait dans un communiqué « Les déclarations de Madame Bachelot hier à l’Assemblée Nationale sur l'existence d'études fiables concluant à l'innocuité du BisPhénol A sont contraires aux données de la science. Il existe à ce jour 671 études répertoriées sur la base de données Medline qui, dans leur grande majorité, concluent que le Bisphénol A est impliqué dans des problèmes sanitaires majeurs tels que : cancer, atteinte de la reproduction, trouble du comportement, diabète et obésité. ». Dans ce même communiqué, le RES faisait référence à l’étude récente de février 2009 de l’Inserm (2) qui conclut que le BPA peut stimuler la croissance des cellules cancéreuses testiculaires du fœtus à un niveau de concentration très faible. Le BPA serait donc bien, d’après cete étude un perturbateur endocrinien auquel le fœtus et le nouveau-né seraient tout particulièrement exposés.
Le RES appelle donc, sur son site « tous les citoyens soucieux de leur santé et de celle de leurs enfants à signer très rapidement les cyberactions pour l'interdiction du BPA dans les plastiques alimentaires en France et dans les biberons en Europe. »
Mis en ligne par Maurice Chevrier, Santé log, le 8 avril 2009 - Visuel Medela
Accéder au Communiqué du RES : http://www.reseau-environnement-sante.fr/images/PDF/presse/cp090401_res_bpa_reponse_bachelot.pdf
(2) Accéder à l’abstract de l’étude (en anglais) : «Low Doses of Bisphenol A Promote Human Seminoma Cell Proliferation by Activating PKA and PKG via a Membrane G protein-coupled Estrogen nReceptor” http://www.ehponline.org/docs/2009/0800367/abstract.pdf
Lire aussi : BISPHENOL A : Banni des biberons américains
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Cette actualité a été publiée le 08/04/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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