BISPHENOL A : L'AUTORITE EUROPEENNE EFSA prépare son nouvel avis
Actualité publiée le 08-02-2010
Sécurité sanitaire
L’Autorité européenne EFSA a précédé l’initiative de l’AFSSA dans la réflexion sur l’évaluation des risques liés au Bisphénol A et annonçait, dès le 2 février sa décision d’inviter des experts nationaux des États membres de l'UE à une réunion au début du mois d’avril pour débattre de son travail scientifique en cours sur le bisphénol A (BPA). Parmi les conclusions possibles, une révision à la baisse de la NOAL (no observed adverse effect level) ou dose sans effet indésirable observé et donc de la DJT, dose journalière tolérable.
L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est l’institution d’évaluation des risques relatifs à la sécurité des aliments et travaille en étroite collaboration avec les autorités nationales et fournit des avis scientifiques indépendants ainsi qu'une communication claire sur les risques existants et émergents. Mi janvier dernier, la U.S. Food and Drug Administration (FDA) invoquait des études plus récentes pour faire part de son inquiétude concernant les effets potentiels du BPA sur le cerveau, le comportement et de développement endocrinien chez les fœtus, les nourrissons et jeunes enfants. Préférer l’allaitement maternel, veiller à utiliser des biberons sans BPA mais ne pas se priver des préparations pour nourrissons emballées dans des boîtes de conserve, telles étaient ses dernières recommandations pratiques, mais dans l’attente de nouvelles études toxicologiques. C’est au tour de l’Autorité européenne de prendre l’initiative de nouvelles études.
L’Afssa, comme elle s’y était engagée, a elle aussi annoncé, le 5 février dernier, la réouverture de l’expertise française sur le Bisphénol A (BPA) et préconise aujourd’hui le développement de nouvelles méthodes d’évaluation. L’Afssa rappelle aux consommateurs dans son dernier communiqué « qu’une mesure simple de précaution est d’éviter de chauffer à très forte température l’aliment (eau, lait, soupes…) s’ils utilisent des biberons ou des récipients en polycarbonate ».
Lors de la réunion, l’EFSA présentera son projet d’avis sur le BPA, préparé actuellement par le groupe scientifique de l’EFSA sur les matériaux en contact avec les aliments (groupe CEF), avant son adoption prévue en mai 2010. En octobre 2009, la Commission européenne avait invité l’EFSA à évaluer l’intérêt d’une nouvelle étude sur les effets neurodéveloppementaux possibles du BPA et, le cas échéant, à mettre à jour la dose journalière tolérable (DJT) en conséquence. Les experts des États membres contribueront à la finalisation de l’avis scientifique de l’EFSA en communiquant leurs propres travaux à ce sujet. Le derniers avis scientifique de l’EFSA date de juillet 2008.
La précédente évaluation de l’EFSA (2008), avait qualifié de négligeable, l’exposition d’un fœtus humain au BPA à des doses inférieures à 1 mg/kg de poids corporel, les expositions à la dose journalière tolérable (DJT) de 0,05 mg/kg de poids corporel étant 20 fois inférieures à cela. En prenant en compte les données concernant les nouveau-nés humains sur les composés reliés de façon structurelle au BPA, le groupe scientifique avait également considéré que les nouveau-nés humains possédaient une capacité suffisante de biotransformation du BPA en conjugués inactifs sur les hormones. Néanmoins, le groupe scientifique avait noté que l’exposition au BPA chez les fœtus et les nouveau-nés était plus élevée que chez les adultes. Mais le groupe était resté sur son évaluation précédente (2003) des risques, basée sur la dose sans effet nocif observé (NOAEL, no observed adverse effect level), la considérant comme toujours valable pour les humains et avait donc maintenu ses précédentes conclusions.
En 2002, le comité scientifique de l’alimentation humaine (CSAH) avait également évalué le BPA pour une utilisation dans les matériaux plastiques et les articles destinés à entrer en contact avec les aliments. Le CSAH avait considéré que la NOAEL globale (dose sans effet indésirable observé) par voie orale dérivée des données expérimentales alors disponibles sur les animaux, était, pour le BPA, de 5 milligrammes/kg de poids corporel/jour. Ces nouveaux travaux d’évaluation en cours à l’EFSA pourraient, entre autres recommandations, revoir cette NOAEL à la baisse.
Source : EFSA , mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 8 février 2010 (Visuels EFSA)
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Cette actualité a été publiée le 08/02/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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