BON USAGE DU MEDICAMENT : CELA CONCERNE AUSSI LES DONS DE MEDICAMENTS
Actualité publiée le 19-08-2008

Humanitaire
Un arrêté de la ministre de la Santé (Journal officiel du 19/8/2008) décrit les bonnes pratiques du don de médicaments. Cet autre bon usage du médicament vise les « distributeurs en gros à vocation humanitaire exportant des médicaments issus de dons, dans le cadre de programmes d’aide médicale » aux pays en voie de développement (PEVD). Usage qui doit se conformer, souligne l’arrêté, aux Principes directeurs applicables aux dons de médicaments de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Qu’est-ce à dire ?
Les distributeurs humanitaires doivent d’abord s’assurer que les médicaments correspondent aux besoins des populations visées et au « profil épidémiologique du pays destinataire » : quels médicaments manquent le plus, quelles maladies sont les plus prévalentes. D’où ce conseil (rarement suivi !) : s’informer au préalable auprès des autorités sanitaires locales à qui sont destinés les médicaments « de la pénurie » et des pathologies existantes.
La liste des médicaments essentiels est régulièrement remise à jour par l’OMS et ce depuis des années, avec des versions un peu différentes selon les pays. Les produits acceptés sont les princeps ou leurs génériques. Les dons doivent se faire en priorité pour lutter contre les trois grandes épidémies qui sévissent dans nombre de PEVD : paludisme, VIH/sida, tuberculose.
Sur un autre plan, il est important que les exportateurs humanitaires s’assurent que les médicaments provenant de dons « proviennent de sources fiables et sont conformes aux normes de qualité du pays donateur et du pays destinataire ». C’est d’ailleurs pour cette raison, sans doute, que l’on incite les Français à rapporter les médicaments non utilisés à leur pharmacien, qui saura à quel organisme certificateur les faire parvenir, afin que les produits réellement utiles et non périmés parviennent à ceux qui en ont réellement besoin. De façon générale, les médicaments expédiés doivent pouvoir être utilisés encore une année pleine avant péremption. La vérification de la validité doit être effectuée par un pharmacien responsable, par exemple quand un établissement de santé reçoit directement les dons.
Par ailleurs, les médicaments doivent comporter une présentation analogue à celle des médicaments utilisés dans le pays de destination et, au besoin, un nouvel étiquetage et une nouvelle notice dans la langue des professionnels du pays, sans oublier date de péremption et conditions de conservation en bon état, tenant compte des différences de climat. Précision de l’arrêté, « le poids de chaque carton ne devrait pas excéder 50 kg, un même carton ne devra pas contenir à la fois des médicaments et d'autres fournitures ».
Enfin, on peut rassurer les donateurs : les exportateurs humanitaires doivent s’assurer du bon usage des médicaments, notamment en vérifiant, en cas de demande de don de médicaments, la compétence du personnel médical, la présence d’un responsable du bon usage des médicaments, la capacité d’hospitalisation et de consultation de l’établissement de santé bénéficiaire ainsi qu’« une attestation du responsable de la structure sanitaire attributaire s'engageant à ne pas revendre les produits de la donation ».
Il reste au distributeur humanitaire à s’assurer de l’arrivée en bon état des médicaments,, de leur distribution aux structures de soins désignées, de leur bonne conservation dans un lieu de stockage adapté et sécurisé, de leur dispensation par des responsables désignés aux patients concernés…
Des principes nécessaires mais combien de contraintes derrière ces dons humanitaires…
Auteur : Jean-Marie Manus, conseiller en santé publique, Santé log
Publié le 19 août 2008
Consulter le décret : http://www.journal-officiel.gouv.fr/frameset.html |