BRONZAGE UV : Danger des installations hors normes et risque de mélanome
Actualité publiée le 17-04-2009
Santé publique et sécurité
La Direction Générale de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) vient de rappeler à l'ordre 271 prestataires de cabines de bronzage UV, sur un millier d’établissements contrôlés en 2008. Manquements de contrôles techniques, absence d’avertissements sur les risques du bronzage en cabine ou à l’occasion de ventes d’accélérateurs de bronzage. Rappelons, qu’au delà de l’aggravation des risques liés à une utilisation hors normes des installations de bronzage, les UV artificiels présentent des risques cancérogènes et autres bien connus.
L’OMS rappelle que chaque année, ce sont entre 2 et 3 millions de cancers cutanés non mélanocytaires qui sont diagnostiqués et qui peuvent être traités par exérèse chirurgicale. Près de 130 000 mélanomes malins se déclarent chaque année dans le monde conduisant à 66 000 décès dus au mélanome et autres cancers cutanés. L’OMS précise bien qu’en petite quantité le rayonnement UV est bénéfique et indispensable à la synthèse de vitamine D. Les UV servent également à traiter plusieurs maladies, dont le rachitisme, le psoriasis, l’eczéma et l’ictère. Il s’agit alors de traitements effectués sous supervision médicale. Le projet Intersun, de l’OMS est chargé de fournir des informations aux autorités nationales pour la prévention des risques liés aux UV.
Les rayonnements ultraviolets (UVR) sont des radiations non-ionisantes qui font partie du spectre électromagnétiques, situées entre le visible et les rayons X.
L’atmosphère filtre les différents rayonnements du soleil, ne laissant passer que les UV A et B. Les ultraviolets représentent 5% du rayonnement solaire qui atteint la terre mais ce pourcentage est en constant augmentation avec la régression de la couche d'ozone.
Les expositions d’origine artificielle comme le bronzage par exposition aux UVA, se substituent aux uv du soleil pour environ 10% de la population européenne qui s’expose aux UV artificiels, en cabine de bronzage. Les 18-34 ans sont les plus utilisateurs du bronzage artificiel (20%).
Le nombre d’appareils de bronzage ayant été contrôlés au moins une fois est d’environ 11 000 pour un parc total de 13 000 installations en France, regroupées en 9 900 établissements d’après les estimations de la DGCCRF et du Syndicat National des Professionnels du Bronzage en Cabine.
Les UV artificiels présentent de nombreux risques cancérogènes « connus » selon l’Institut National de la Santé américain (NIH) selon 3 types : les carcinomes basocellulaires et spinocellulaires (qui représentent environ 90 à 95 % des cas de cancer cutané) et les mélanomes (beaucoup plus dangereux mais heureusement plus rares). Lire (1)
Les UV artificiels présentent éen plus de nombreux risques non cancérogènes comme le vieillissement accéléré de la peau, les brûlures, la photosensibilisation, les photoallergies, les photodermatoses, les risques ophtalmiques comme les kératites et les cataractes et d’une immunodépression. A long terme, les UV provoquent des lésions dégénératives dans les cellules cutanées, le tissu fibreux et les vaisseaux sanguins, conduisant à un vieillissement prématuré de la peau, à des photodermatoses et à des kératoses actiniques.
Depuis 1996, le ministère de la santé a mis en place des recommandations d’utilisation et une législation spécifique aux appareils mis à la disposition du public (décret 97-617 du 30 mai 1997).
4 types d’appareils UV qui sont distingués selon les rayonnements émis dont certains réservés à un usage thérapeutique et d’autres qui peuvent être mis à la disposition du public.
D’après la DGCCRF de nombreux professionnels vendraient des appareils sans respecter le mode d’utilisation de chaque type.
Une information précise destinée aux usagers fait partie des mesures à respecter, tout comme l’interdiction de vente ou de mise à disposition des appareils aux mineurs, l’obligation d’une mise à disposition du public sous surveillance d’un personnel qualifié, le port obligatoire de lunettes appropriées, l’obligation de déclaration de tout appareil à usage professionnel…Ces règles d’information, de mise en garde et de conseil aux usagers ne seraient pas toujours respectées. En particulier, le Ministère de la Santé interdit de faire référence à un quelconque effet bénéfique pour la santé et de mentionner, sur toute publicité la possibilité d’affection oculaire ou cutanée. Certains professionnels vanteraient les effets bénéfiques des uv artificiels sur la santé.
Un contrôle des installations est également prévu par le décret tous les deux ans. Sur ce point encore, sont constatés de nombreux manquements justifiés par des délais d'intervention très longs des organismes agréés.
Les installations UV restent donc sous surveillance.
Pour en savoir plus avec l’OMS : http://www.who.int/uv/health/fr/
et, sur les « lits de bronzage » Télécharger le document [pdf 51kb]
Lire aussi (1) : MELANOME : Premier cancer de la femme au Royaume Uni
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Cette actualité a été publiée le 17/04/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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