CŒUR ARTIFICIEL : LA FRANCE REVIENT DANS LA COURSE
Actualité publiée le 28-10-2008
Une jeune entreprise biomédicale, Carmat SAS, a développé un modèle innovant de cœur artificiel, un projet bien avancé auquel est associé l’un des plus brillants chirurgien cardiaque français (et internationaux), le Pr Alain Carpentier, la fondation qu’il a créée, et le consortium EADS (European Aeronautic Defence and Space company) – ex-Aérospatiale – Ce projet bénéficie du soutien financier d’Oséo (établissement public d’aide à l’innovation et à son financement) et de Truffle Capital.
Ce projet bien avancé devrait permettre à la France de reprendre sa place dans la course au développement d’un cœur artificiel qui, pour l’instant, ne doit être conçu que pour permettre aux candidats à la greffe d’attendre la disponibilité d’un greffon immuno-compatible. Mais cette attente peut être longue (pénurie des dons, terrain immunitaire particulier), et le cœur artificiel doit pouvoir fonctionner sans effets indésirables pendant un temps d’attente plus ou moins long…
La présence d’EADS dans l’aventure a pour origine la mise en œuvre de biomatériaux et de technologies de pointes issus notamment de la recherche aérospatiale. Le projet de Carmat est de mettre à la disposition des chirurgiens transplanteurs proposer un cœur artificiel total implantable permettant de maintenir en vie des patients sur liste d’attente pour infarctus massifs ou récidivants, insuffisance cardiaque terminale, cardiomyopathie, ou ne répondant plus aux traitements médicamenteux classique, non éligibles pour l’assistance ventriculaire, ou chez lesquels une première greffe a été rejetée.
Les essais du cœur Carmat sur l’animal ont suscité l’intérêt de la communauté médicale, ceci notamment grâce l’équipe mixte médecins-ingénieurs d’Alain Carpentier à l'Hôpital européen Georges- Pompidou (HEGP) à Paris 15e… et convaincu les fonds! Ce cœur est breveté et en est au stade des essais précliniques : juste avant le passage à l’être humain… Il s’agit d’un modèle dont la forme (et bien sûr le fonctionnement interne) se rapproche le plus, à ce jour, du cœur humain, avec notamment régulation automatique des débits sanguins (droite et gauche) et de la fréquence cardiaque (battements/minute), adaptables aux besoins du patient, effort physique par exemple.
Le prototype sera d’abord évalué, après accord de l’Agence de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS), chez des patients pour lesquels n’existe plus aucune alternative et dont le pronostic vital est en jeu. Selon les résultats de cette première phase, l’implantation sera enduite proposée à des patients moins gravement compromis.
Au total, une équipe d’une dizaine d’ingénieurs, de chercheurs et de techniciens, dirigée par Patrick Coulombier et Marc Grimmé, a rejoint Carmat SAS. La PME s’installe dans la région parisienne et travaillera avec de nombreux sous-traitants, français pour la plupart.
Alain Carpentier, professeur émérite à l’Université Pierre-et-Marie-Curie (Université Paris VI), enseigne à l’Ecole de médecine Mount Sinai à New York. Il a fondé et dirige le Laboratoire d'étude des greffes et prothèses cardiaques de l'Université Paris VI. Lauréat du grand prix de la Fondation pour la Recherche Médicale (1998) et membre de l'Académie des sciences, il a reçu l’an dernier le Prix Albert Lasker de recherche médicale (prestige au moins égal à celui du Nobel) pour l’invention des prothèses valvulaires Carpentier-Edwards et la reconstruction chirurgicale des valves cardiaques. Avec son collaborateur le Pr Juan-Carlos Chasques, il a également mis au point une chirurgie alternative de la greffe du cœur : la cardiomyoplastie.
Auteur : Jean-Marie Manus, Conseiller pour la santé publique Santé log
Mis en ligne le 28 octobre 2008
Source : Business Wire
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