CANCER COLORECTAL: L’ASPIRINE réduit de 29% le risque de décès par rechute
Actualité publiée le 15-08-2009
Publication

Le Journal of the American Medical Association (JAMA) du 12 août publie une étude américaine réalisée par des chercheurs du Massachusetts General Hospital et de l’Harvard Medical School qui confirme un effet positif de l’aspirine ou acide acétyl-salicylique (ASA) dans le traitement du cancer colorectal jusqu’à réduire de 29% le risque de rechute. Ce nouveau bénéfice vient s’ajouter aux propriétés historiques de l’ASA, comme soulager les douleurs, les migraines et les céphalées, les rhumatismes et comme élément de la prévention secondaire de l’infarctus et de l’AVC.
Cette nouvelle étude réalisée à partir de 2 études cohortes, la Nurses'Health Study et la Health Professionals Follow-up Study, conclut que les patients souffrant d’une forme fréquente du cancer du côlon peuvent tirer un bénéfice de l’aspirine.
1.279 patients, hommes et femmes diagnostiqués avec un cancer du colon aux stades 1, 2 et 3 ont été « enrôlés » dans les 2 cohortes, en 1980 et 1986 avant diagnostique, et suivis jusqu’en juin 2008. Tous les patients ont été opérés de leur cancer et beaucoup d'entre eux avaient reçu une chimiothérapie. Prendre de l'aspirine après un cancer du côlon en complément des traitements chirurgical et chimiothérapique a permis de réduire – chez les patients « sous » ASA, de 29% le risque de décès par rechute.
L’aspirine devrait s’écrire Aspirin® ou ASA - car c’est un nom commercial déposé, celui de l’acide acétyl-salicylique (ASA), déposé il y a exactement 110 ans, le 6 mars 1899 au Bureau impérial des brevets (n° 36433) de Berlin par la firme Friedrich Bayer et associés, société de colorants, chimie et, depuis peu, de médicaments. Aspirin® montra son efficacité dès ses premières utilisations, pour soulager les douleurs, les migraines et les céphalées. Son mode d’action resta longtemps inexpliqué. Ce n’est pas avant 1971, disent les archives Bayer, qu’un scientifique britannique, le Pr John Vane (Sir John, annombli par Elizabeth II) publia sa découverte : le principe actif, l’ASA, neutralise la sécrétion par l’organisme de prostaglandines messagers de la douleur au niveau local. En 1982, cette découverte lui valait le Prix Nobel de médecine, mais il est juste de rappeler que les découvreurs des prostaglandines, des scientifiques scandinaves, reçurent conjointement le prix.
Par la suite, l’ASA n’a cessé d’étendre ses compétences, parce que des chercheurs ont été fascinés par cette molécule hors du commun. Ainsi, elle est aussi devenue un élément de la prévention secondaire de l’infarctus et de l’AVC, c’est à dire d’une récidive, du fait de son activité antiplaquettaire à faibles doses. Elle a même été conseillée à une époque en prévention primaire : un comprimé par jour pour éviter la crise cardiaque… mais on en est revenu, car il y a un risque pour certains estomacs fragiles : l’ASA fait saigner. Problème résolu avec l’invention des comprimés « gastroprotégés », ne se dissolvant qu’une fois dans l’intestin grêle.
Une récente étude italienne a même conclu que l’ASA à faibles doses avait également une action anti-hypertensive. Enfin, Aspirin® fait partie du traitement des rhumatismes. Elle est aujourd’hui assimilée à un AINS : un anti-inflammatoire non stéroïdien (comme l’ibuprofène).
Auteur : Yann-Mikael Dadot, Santé Log, mis en ligne le 13 août 2009
Source JAMA et visuels Bayer HealthCare- http://www.bayerhealthcare.fr/index.php?id=155
Pour en savoir plus (en anglais) : http://www.aspirin.com/index_en.html
Accéder à l’article du JAMA : http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/302/6/649
NB : Le « père » de l’ASA (sous sa forme actuelle) était un chimiste de Bayer, Felix Hoffmann, qui avait d’abord pensé pouvoir, avec sa formule, soulager les douleurs rhumatismales dont souffrait son père. Il aboutit à « sa » formule le 10 août 1897. Il fallut quelque temps pour persuader Bayer de déposer son brevet.
Lire aussi :
ASPIRINE: RESISTANCE MAL CONNUE, REDOUTABLE, MESURABLE
ANTI-INFLAMMATOIRES ET GROSSESSE : Contre-indication des AINS à partir du 6 èmois de grossesse, L’ASPIRINE AUSSI -
|