CANCER COLORECTAL M+ : Erbitux®, traitement de routine sur test K-RAS
Actualité publiée le 23-06-2010
ASCO
Un nombre croissant de médecins ne choisissent plus un traitement sans avoir la preuve moléculaire (génétique) qu’il possède une cible spécifique. Erbitux®, une molécule développée par le laboratoire allemand Merck KGaA (Darmstadt), est presque historiquement le premier traitement ciblé d’un cancer, et même d’un cancer biologiquement défini: métastatique et porteur d’une mutation bien identifiée. Il s’agit du cancer colorectal métastatique (CCR M+), et la mutation est celle du gène K-RAS, auquel on attribue le type sauvage de ce cancer.
A Chicago, au congrès de l’ASCO (Société américaine d’oncologie clinique), le laboratoire a présenté Erbitux® (cétuximab) comme le traitement standard de cette forme de CCR, traitement basé sur la recherche de K-RAS.
Cette recherche est essentielle pour déterminer un traitement ciblé (personnalisé) du CCR M+, qui a concerné 42 % des patients en 2009 contre seulement 2,5 % en 2008… tant la recherche de mutations justifiant un traitement sélectif est devenue une nouvelle habitude en clinique. Un traitement ciblé sur une mutation présente dans une tumeur (et non dans d’autres) peut permettre d’observer un résultat thérapeutique d’un niveau improbable lorsqu’on donne la molécule aux CCR tout venant.
Ainsi s’amorcent des changements spectaculaires dans la prise en charge des cancers: la recherche des mutations est en trait d’entrer en routine dans cette prise en charge come toutes sortes d’autres analyses de biologie médicale!
Dans le cas présent, la demande de la détermination du statut K-RAS d’un patient CCR M+ est en augmentation exponentielle ce qui est « extrêmement encourageant et reflète les récentes recommandations pour que tous les patients CCR M+ soient pour K-RAS lors du diagnostic, soulignait à Chicago le Pr Fortunato Ciardiello (oncologue, Université de Naples) après la présentation de l’étude Erbitux®/K-RAS, dont il est l’investigateur principal. Ceci indique également que les médecins, qui doivent à leurs patients le meilleur soin possible, commencent à utiliser un test qui leur permet de proposer à leurs patients un traitement personnalisé avec une augmentation de chances de survie ».
L’étude en question a évalué la connaissance et le recours au test K-RAS de 1.254 médecins en Europe, en Asie et en Amérique du Sud : actuellement près du quart des médecins recours au test en diagnostic de routine, c'est-à-dire fait désormais et de plus en plus partie intégrante de leur démarche diagnostique. Ceci permet de prescrire le cétuximab, associé à la chimiothérapie standard (protocole FOLFIRI), ce qui améliore significativement la survie.
C’était à l’ASCO 2008 qu’avait été confirmée l’efficacité du cétuximab dans le CCR M+ avec K-RAS. Depuis, un nombre croissant de médecins prend en compte ce type de tumeur sauvage pour définir le traitement ciblé: K-RAS est l’exemple d’un nouveau type de marqueur biologique, prédictif de l‘efficacité du traitement ciblé. On ne concevra plus de choisir un traitement sans avoir la preuve moléculaire (génétique) qu’il possède une cible spécifique. L’industrie pharmaceutique en oncologie travaille désormais à développer des traitements visant les cibles tumorales successivement identifiées par la recherche fondamentale en cancérologie. C’est désormais la façon de progresser dans la survie prolongée, la rémission ou la guérison des cancers.
L’utilisation en routine de ces nouveaux marqueurs biologiques en oncologie médicale est une innovation qui doit se concrétiser par l’amélioration de la qualité de vie et le futur des patients atteints de cancer. On se rappelle qu’à la suite de la présentation de l’étude de K-RAS à l’ASCO 2008, une recommandation officielle aux Etats-Unis et pour l’Union européenne a imposé la recherche de K-RAS chez tus les patients CCR M+, l’EMA demandant d’utiliser Erbitux® exclusivement chez les patients CCR M+… positifs pour K-RAS.
Erbitux® est un anticorps monoclonal qui vise sélectivement le récepteur d’un facteur de prolifération, l’epidermal growth factor receptor ou EGF-R, agissant au sein de la tumeur et l’empêchant de métastaser. Il est actuellement utilisé dans le CCR dans 80 pays. Il a ou est en passe d’avoir des indications dans d’autres types de cancers.
Source: Merck KGaA, Darmstadt, mise en ligne par Jean-Marie Manus, Santé log, le 23 juin 2010
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Cette actualité a été publiée le 23/06/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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