CANCER DE LA PROSTATE : Faut-il traiter les PETITES tumeurs ?
Actualité publiée le 01-09-2009
Dépistage et prise en charge précoce
Les effets du dépistage précoce du cancer de la prostate sur la mortalité, que ce soit par dosage du PSA ou toucher rectal, ne sont pas précisément connus. Une étude parue dans le Journal of Clinical Oncology du 31 août, va plus loin en démontrant que de petites tumeurs cancéreuses de la prostate, jugées à bas risque, peuvent rester non traitées pendant plusieurs années sans augmenter le risque de mortalité. Chaque année, 670 000 cancers de la prostate sont diagnostiqués dans le monde. La question de l’efficacité du dépistage et de la prise en charge précoce est donc essentielle.
En France, chaque année, ce sont plus de 62 000 cancers de la prostate qui sont diagnostiqués. Chaque année, le cancer de la prostate cause 9 000 décès. L’intérêt d’un dépistage efficace n’est donc pas discutable. Mais le mode de dépistage actuel est-il bien adapté ? La prise en charge des petites tumeurs est-elle trop « automatique » ?
En réalité, les effets du dépistage précoce du cancer de la prostate sur la mortalité, que ce soit par dosage du PSA ou toucher rectal, ne sont pas réellement connus. Le test PSA permet de diagnostiquer la tumeur dès sa naissance et sa prise en charge précoce.
L’étude réalisée par une équipe de chercheurs de la Harvard Medical School, et du Massachusetts General Hospital portait sur les données d’une vaste étude cohorte réalisée sur plus de 50.000 hommes suivis depuis plus de 20 ans. Sur les patients chez qui un cancer de la prostate a été diagnostiqué, 10% ont accepté de retarder le début de leur traitement d’une année ou plus. 50% d’entre eux ne sont toujours pas traités à ce jour.
Le taux de mortalité est très bas en cas de petites tumeurs cancéreuses :
2% des hommes présentant de petites tumeurs ayant retardé le traitement sont décédés.
1% des hommes présentant de petites tumeurs et traités dès diagnostic
En conclusion, les petites tumeurs n’impliquent pas forcément un traitement.
Le dépistage précoce du cancer de la prostate en question : La question est posée depuis longtemps, en raison d’études contradictoires dans leurs conclusions. La logique voudrait que cela soit efficace, comme tout dépistage. Le test PSA aurait permis de dépister plus d’un million de cancers de la prostate…Pourtant, les grandes études déjà publiées, ne sont pas concordantes.
L'étude américaine, « Prostate, Lung, Colorectal, and Ovarian (PLCO) Cancer Screening Trial » dont les conclusions ont été publiées fin mars dans le New England journal of Medicine a été réalisée de 1993 à 2001, sur 76 700 hommes divisés en deux groupes, la moitié bénéficiant d'un dépistage, l'autre non. Cette étude constate une mortalité identique dans les deux groupes.
L’étude Européenne « European Randomized Study of Screening for Prostate Cancer (ERSPC), a débuté il y a 12 ans sur 184 000 hommes aboutit à une réduction de 20 % des décès par cancer de la prostate pour les personnes soumises au dosage de PSA.
En France, à la question posée « Le dépistage du cancer de la prostate est-il vraiment efficace ? » et donc ensuite, sa prise en charge précoce, l'Institut National du Cancer (INCa), La Haute Autorité de Santé (HAS), et l'Association Française d'Urologie (AFU) réfléchissent, au vu des données actuelles à une meilleure définition de la politique publique à mettre en place.
Sources Journal of Clinical Oncology: “Evidence-Based Medicine, Conscience-Based Medicine, and the Management of Low-Risk Prostate Cancer”, NEJM: http://content.nejm.org/cgi/content/full/NEJMoa0810696, ERSCP: http://content.nejm.org/cgi/content/full/NEJMoa0810084
Mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 1er septembre 2009
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Cette actualité a été publiée le 01/09/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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