CANCER DE LA PROSTATE : FIRMAGON®, un nouveau principe thérapeutique
Actualité publiée le 20-03-2010
Agoniste de la GnRH
Pourquoi donner un agoniste de la GnRH dans un cancer de la prostate avancé hormono-dépendant alors qu’il serait plus logique de donner un antagoniste de la GnRH (gonadotrophins releasing hormone : LH et FSH) et de plus, actif immédiatement? Cette question obsède urologues et cancérologues depuis plusieurs décennies, depuis l’époque (fin des années 1980) où a été établie la possibilité de stabiliser ou de faire régresser un cancer de la prostate par un agoniste de la GnRH et d’allonger la survie sans progression de la maladie tumorale.
Le laboratoire Ferring vient de commercialiser en France le dégarélix (Firmagon®) issu de son centre de recherches américain de San Diego. C’est le premier antagoniste direct de la GnRH – il ouvre donc une classe thérapeutique. Donner un agoniste direct des récepteurs hypophysaires de la GnRH semble en effet plus logique et plus productif à tous points de vue…
Pourquoi décider de faire le contraire de la conduite habituelle dans ce cas de figure ? Parce que la stratégie habituelle n’est pas satisfaisante. La prescription d’un agoniste de la GnRH (telle la leuproréline, comparateur du dégarelix dans les essais cliniques) a deux inconvénients que connaissent bien les cliniciens :
- une phase d’activation du récepteur (car acceptant l’agoniste), marquée par une flambée (flare up) de la sécrétion de testostérone, avant que les récepteurs, saturés d’agonistes, se mettent au repos… quelque deux semaines après début du traitement,
- la dite flambée favorisant la croissance tumorale, susceptible de reprendre à chaque relance du traitement (mini-flare ups).
Pour maîtriser la croissance tumorale, le taux sérique de testostérone doit être égal ou inférieur à 0,5 ng/mL qu’on nomme aussi taux officiel de castration, c'est-à-dire aujourd’hui mise au repos de la fonction endocrinienne testiculaire… obtenue il y a encore un peu plus de 30 ans par la castration chirurgicale !
Le recours aux agonistes de la GnRH avait un autre inconvénient : l’obligation de prescrire simultanément des anti-androgènes (de préférence non stéroïdiens) pour freiner l’effet de la testostérone sur la croissance tumorale et éviter l’apparition de symptômes en rapport : obstruction des voies urinaires, douleurs rachidiennes par métastases vertébrales…
Le dégarelix, (Firmagon®), décapeptide de synthèse, possède un profil pharmacologique assurant un blocage direct, complet et immédiat des récepteurs de la GnRH. Dès l’initiation du traitement (2x120 mg en sous-cutané), a montré une étude clinique, 52 % des patients du groupe dégarélix ont une testostérone sérique égale ou inférieure à 0,5 ng/mL à J1, 96 % à J3, 99 % à J7, 100 % à J14, contre respectivement 0 %, 0 %, 1 % e 18 % au groupe leuproréline (100 % à J28). On peut dire que le dégarélix « mime la castration en monothérapie », avec surtout l’absence totale de flare up à l’initiation thérapeutique, ce qui signe un agoniste vrai… dont l’effet hormono-suppresseur est totalement réversible.
Administré par l’infirmière : On sait que le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme après 50 ans. Ce traitement est susceptible d’être prescrit à des sujets d’âge avancé (moyenne d’âge dans l’étude de phase 3 : 74 ans, extrêmes : 47-98 ans). Il est prévu d’être administré par les soins d’une infirmière à domicile ou en institution, compte tenu de la relative complexité de la reconstitution du produit et du schéma d’injection SC. Le traitement est mensuel, une dose de 2x120 mg à l’initiation, une dose d’entretien de 80 mg, délai permis par une galénique innovante.
Source : présentation du laboratoire Ferring (Visuel), avec les communications du Pr Laurent Boccon-Gibod (CHU Bichat, Paris) et du Dr Patrick Coloby (CH de Cergy-Pontoise), voir communiqué, mise en ligne par Jean-Marie Manus, Santé log, le 19 mars 2010 (vignette www.prostatecancerliving.com)
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Pour ces raisons, le laboratoire Ferring met à la disposition des infirmières un numéro de téléphone vert : le 0 800 005 208 pour obtenir des informations pratiques et thérapeutiques. Ce numéro doit en principe être communiqué par le médecin prescripteur à son patient.
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Cette actualité a été publiée le 20/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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