CANCER de la PROSTATE : La Haute Autorité de Santé repousse l’idée du dépistage systématique
Actualité publiée le 22-06-2010
Prostate Specific Antigen
Aucun élément scientifique nouveau n’est de nature à justifier la mise en place d’un dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA. C’est la position de La Haute Autorité de Santé (HAS), après publication des résultats de 2 grandes études de référence -en mars 2009…-, saisie par l’Institut National du Cancer (INCa) puis par la Direction Générale de la Santé (DGS) pour apprécier la légitimité d’un tel dépistage systématique.
Avec plus de 60.000 nouveaux cas identifiés chaque année et près de 10.000 décès, le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme, représentant à lui seul plus d’un tiers des cancers. L’incidence du cancer de la prostate a connu une forte augmentation depuis 1980, en raison du vieillissement de la population, de l’amélioration des moyens diagnostiques et de la diffusion du dépistage individuel par dosage du PSA (Prostate Specific Antigen) dont l’élévation est rencontrée dans plusieurs pathologies dont les cancers de la prostate.
L’opportunité d’un dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage PSA est un grand débat pour les scientifiques partout dans le monde mais à ce jour, son impact en termes de réduction de la mortalité reste mal évalué et les risques de surdiagnostic et de surtraitement expliquent qu’un dépistage systématique n’ait pas été, à ce jour adopté, par quelque pays que ce soit dans le monde. En mars dernier, l’American Cancer Society, soulignait à nouveau les bonnes raisons de ne pas faire du dépistage de ce cancer masculin une stratégie systématique.
De nouveaux éclairages issus notamment de la publication, en mars 2009, des résultats de deux essais contrôlés randomisés, très attendus, un essai américain, le Prostate, Lung, Colorectal, and Ovarian (PLCO) Cancer Screening Trial et un essai européen, le European Randomized Study of Screening for Prostate Cancer (ERSPC) -les 2 grandes études de référence-, auraient pu conduire à envisager une révision des recommandations françaises actuelles.
La Haute Autorité de Santé (HAS), à l’issue de l’analyse critique des articles issus des études ERSPC et PLCO publiés en mars 2009 et au vu des travaux récents parus en France, a considéré qu’aucun élément scientifique nouveau n’est de nature à justifier la réévaluation de l’opportunité de la mise en place d’un programme de dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA. La HAS a relevé également l’existence d’éléments tendant à démontrer l’importance des inconvénients du dépistage et insiste sur la nécessité de mieux apprécier les effets délétères des pratiques actuelles de prescription des dosages de PSA, par une prochaine étude de pratiques.
La France est donc officiellement en phase avec les dernières recommandations américaines, qui vont néanmoins jusqu’à inciter les médecins à présenter aux patients les inconvénients possibles du dépistage et à en discuter avec eux.
Source: HAS Dépistage du cancer de la prostate - Analyse des nouvelles données Rapport , mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 22 juin 2010 (Visuels PCA3)
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Cette actualité a été publiée le 22/06/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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