CANCER DE LA PROSTATE : Pas de dépistage systématique, dit l'American Cancer Society
Actualité publiée le 15-03-2010
PSA
« La plupart des hommes âgés de 50 ans et plus devraient sérieusement prendre en compte les risques potentiels du dépistage pour le cancer de la prostate, avant d’en prendre la décision, déclare l'American Cancer Society, qui vient de réviser ses recommandations. Le cancer de la prostate est le deuxième cancer chez les hommes mais le rapport bénéfices/risques de son dépistage ne fait toujours pas l’unanimité. Ce dépistage doit-il être systématique et à partir de quel âge ? Pour la plupart des sociétés savantes américaines, il doit aujourd’hui passer par une information, une discussion avec le médecin puis une décision du patient.
"Ce que nous essayons de dire aux hommes, c'est que les risques du dépistage du cancer de la prostate sont mieux prouvés que ses avantages» déclare le Dr Otis Brawley, directeur médical de la Société américaine du cancer.
En effet, les tests par PSA de dépistage du cancer de la prostate peuvent aussi produire de faux résultats positifs qui conduisent alors à des biopsies inutiles voire à des traitements qui provoquent des effets secondaires indésirables tels que l'impuissance et l'incontinence urinaire.
Discuter des bénéfices du dépistage: La société canadienne du cancer recommande, pour sa part, que dès l'âge de 50 ans, les hommes sans risque particulier de cancer de la prostate puissent discuter des avantages et des inconvénients du dépistage avec leur médecin et décider avec leur médecin l’intérêt de pratiquer ce dépistage. De nouvelles lignes directrices mettent donc davantage l'accent sur le conseil médical individuel.
.Savoir mesurer la gravité d’un cancer : Des spécialistes du cancer savent que parce que le cancer de la prostate est habituellement une maladie à croissance lente, de nombreux hommes sont susceptibles de mourir d'autres causes avant de décéder d'un cancer de la prostate. Dans le cas de ce cancer, précise l’ACS, nous avons désespérément besoin de pouvoir faire la différence entre les cancers qui tuent et les cancers qui sont à surveiller".
Aider le patient à décider ou non : Jusqu'à ce que de nouveaux outils de dépistage soient disponibles, les directives mises à jour sont donc destinées à aider les hommes à décider s’ils doivent se faire dépister ou non. 2 études publiées dans le New England Journal of Medicine n’avaient pas répondu clairement sur la nécessité d’un dépistage au moyen d'un test PSA. En effet, les résultats des 2 grandes études sur le sujet, (dont l’étude européenne, l’ERSPC, débutée il y a 12 ans sur une très large échelle) s’avéraient contradictoires et la plus favorable sur le bénéfice du dépistage concluait néanmoins à un principe de dépistage bénéfique uniquement dans la tranche d'âge des 55-69 ans. Une nouvelle étude menée aux États-Unis n’a fait apparaître aucune différence significative dans l'incidence des décès parmi les hommes qui dépistés pour le cancer de la prostate et ceux qui l'avaient pas été.
Laisser le choix au patient : Selon les données de l'Institut américain du cancer, 3 hommes sur 100 mourront du cancer de la prostate. Une réduction maximum espérée de 20% liée au dépistage se traduirait par un taux de décès ramené à seulement 2,4 hommes sur 100. L'American Cancer Society estime donc que tout homme devrait être informé sur les avantages et inconvénients de ce dépistage. En bref, laisser le choix à chaque patient. L'American Society of Clinical Oncology, qui représente les spécialistes du cancer, y compris ceux traitant des patients de cancer de la prostate, soutient les directives de la Société américaine du cancer. En revanche, l'American Urological Association, qui a révisé ses lignes directrices en avril dernier s’accorde également sur le fait que convient prendre une décision éclairée pour le dépistage est important mais maintient que tous les hommes avec une espérance de vie de 10 ans ou plus devraient dès l’âge de 40 ans, subir un test de référence de PSA.
Le dépistage du cancer de la prostate pose donc toujours de véritables interrogations sur la politique à mener : En fait, les effets d’un dépistage précoce du cancer de la prostate sur la mortalité, que ce soit par dosage du PSA ou toucher rectal, ne sont pas réellement connus.
Source: American Cancer Society (Visuel, vignette) « Revised Prostate Cancer Screening Guidelines: What Has--and Hasn't—Changed” , Cancer Journal for Clinicians “American Cancer Society Guideline for the Early Detection of Prostate Cancer: Update 2010”, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 15 mars 2010
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Cette actualité a été publiée le 15/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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