Cancer de la prostate : traitement bi-annuel
Le progrès thérapeutique porte aussi bien sur le développement de nouvelles molécules que sur le mode d’administration du médicament (galénique), notamment pour améliorer la qualité de vie des patients avec la possibilité d’espacer les prises d’un traitement.
Pour la première fois, un traitement du cancer de la prostate hormono-dépendant au stade avancé a pu être réduit à seulement 2 injections par an (une tous les 6 mois). Il s’agit de l’acétate de leuproréline (Eligard® 45 mg), du laboratoire Astellas Pharma. Agoniste de la LHRH (hormone hypophysaire stimulant la sécrétion de testostérone), il permet effectivement de contrôler la testostéronémie, en obtenant une « castration chimique » (comparable à la castration chirurgicale : orchidectomie) rapide, avec une testostéronémie inférieure à 20 ng/dL chez la majorité des patients, maintenue dans le temps.
Le « seuil de castration » jugé efficace fut longtemps fixé à 50 ng/dL, parce que les méthodes de dosage ne permettaient pas de mesurer des taux de testostéronémie inférieurs. L’abandon de l’orchidectomie du fait du développement de molécules chimiques efficaces sur le freinage de la production de la testostérone, et l’avènement de méthodes de dosage biologique plus précises, ont permis de confirmer que les molécules les plus récentes permettaient de descendre sous les 50 ng/dL, voire même sous les 20ng/dL.
Pour les responsables du développement de cette molécule à longue libération prolongée (LLP), le traitement hormonal du cancer de la prostate hormono-dépendant nécessite des injections répétées, pouvant être vécues par le patient comme autant de rappels de sa maladie. D’où l’initiative de son développement, une réduction du nombre d’injections pouvant « lui offrir une perception plus positive de son état de santé avec une mise à distance de la maladie, la prise en compte du vécu du patient et de sa qualité de vie a pris tout son sens avec la mise en place du Plan Cancer ».
Le cancer de la prostate est le premier cancer chez l’homme de plus de 50 ans et sa 2e cause de décès par cancer. Son incidence augmente, mais dépistage et traitement précoces permettent de réduire la mortalité, tout en assurant le maintien de la qualité de vie.
Auteur : Maurice Chevrier, infirmier
Publié le 26 mai 2008 |