CANCER DE LA TÊTE ET DU COU (CTC) : Sa méconnaissance est un facteur de RISQUE
Actualité publiée le 24-06-2009
Etude About Face
Cancer de la tête et du cou, CTC, une appellation scientifique récente, codée pour certains, pour un cancer qui n’est pourtant pas aussi rare que cette dénomination particulière pourrait le laisser croire. Cette méconnaissance est elle-même un facteur de risque : de retard de diagnostic, de retard de traitement, de perte de chance, comme on dit aujourd’hui. C’est ce qu’indique une récente enquête : About Face, réalisée en Europe (1), dont les résultats ont été présentés dernièrement devant la Conférence internationale sur les approches innovantes en oncologie des CTC (ICHNO) à Barcelone.
Les CTC se situent en fréquence au sixième rang des cancers dans le monde, pourtant le terme CTC est ignoré de 75 % des personnes interrogés, et très peu de gens ont des connaissances sur ces cancers. Il existe donc un manque d’information dangereux concernant ces cancers : 143 000 cas et 68 000 décès chaque année en Europe…
L’enquête About Face confirme que des efforts doivent être faits pour promouvoir la connaissance des cancers de la tête et du cou, selon le Pr Jean-Louis Lefebvre (Centre anticancéreux Oscar-Lambret, Lille), qui explique : « La plupart des symptômes des cancers de la tête et du cou ne sont pas spécifiques et sont donc souvent ignorés par les patients : plus de 60 % des patients sont traités pour une maladie à un stade localement avancé… ».
Dans une large mesure, oui, cette méconnaissance pouvant laisser croire qu’il existe des zones du corps humain que la maladie cancéreuse épargne ! On parlait autrefois de cancer des voies aéro-digestives supérieures (VADS). En fait, les CTC se développement aux dépens de la sphère tête-cou, et non pas seulement de la sphère ORL (lèvres, bouche, gorge, larynx, pharynx, fosses nasales, sinus, glandes salivaires) et peuvent métastaser à d’autres tissus (cerveau, ganglions). « Une amélioration importante de la détection des symptômes serait donc bénéfique pour les patients car elle permettrait à la plupart d’entre eux d’être diagnostiqués et traités au plus tôt, c’est à dire avec un maximum d’efficacité er un minimum de séquelles », dit le Pr J.-L Lefebvre.
Le laboratoire Merck Serono (groupe Merck KGaA, Darmstadt) a obtenu l’indication de traitement des CTC pour sa molécule ciblée, le cetuximab (Erbitux®) en première ligne, et non plus seulement en traitement complémentaire (adjuvant) d’une chimiothérapie initiale. Le cetuximab peut ainsi être prescrit d’emblée en association avec le platine, traitement courant des CTC.
Cette autorisation a été attribuée par la Commission européenne au vu des résultats de l’étude EXTREME, qui a démontré que l’ajout du cetuximab aux sels de platine prolonge significativement les moyennes de survie globale et de survie sans progression du cancer, et surtout qu’il augmente le taux de réponse au traitement par rapport au traitement par sels de platine seuls. Les résultats de cette étude ont été publiés en septembre dernier dans le New England Journal of Medicine.
Erbitux® est ce qu’on appelle (de plus en plus souvent) un traitement ciblé. On entend par là un traitement développé spécifiquement contre une cible bien identifiée, et non plus un traitement toxique pour la cellule, cancéreuse, avec le risque de l’être pour les cellules saines. Ici, le cetuximab, un anticorps monoclonal, ou ACM, ne reconnaît qu’une cible : le récepteur sur les cellules cancéreuses d’un facteur de croissance, l’EGF (epidermal growth factor), et qui empêche à la fois la croissance des tumeurs et leur extension aux tissus sains. L’ACM semble renforcer l’action de la chimiothérapie et de ra radiothérapie du fait du blocage du récepteur de l’EGF. Les ACM développés contre les facteurs de croissance tumorale sont l’avenir de la cancérologie.
Auteur : Yann-Mikael Dadot, Santé log, le 24 juin 2009 (Vignette : http://www.face-forward.org)
Source : Merck Serono
(1) Enquête dans 7 pays : Allemagne, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède, 7 520 réponses reçues, analyse par TNS Healthcare, avec le soutien de l’European Head & Neck Society (EHNS) et de Merck Serono.
Lire aussi :
ERBITUX de MERCK SERONO : utilisation en 1ère ligne métastatique du Cancer de la Tête et du Cou approuvée*
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Cette actualité a été publiée le 24/06/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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