CANCER du COL: Révolution anti HPV, bientôt un vaccin thérapeutique
Actualité publiée le 26-07-2010
Essai de phase I
Une biopharma, Genticel, sise à Toulouse, a développé un vaccin thérapeutique pour empêcher l’expansion du Papillomavirus humain (HPV), dont plusieurs sérotypes ont un potentiel cancérigène sur le tissu qu’ils colonisent : le col de l’utérus, lorsque ces virus sont déjà présents chez une patiente. Un examen de biologie médicale permet en effet de détecter cette présence. Ce vaccin thérapeutique ProCervix®.va subir son premier essai de phase 1, pour lequel Genticel vient d’obtenir le feu vert.
La biopharma toulousaine, qui s’est spécialisée dans la recherche et le développement de vaccins thérapeutiques innovants, va organiser cet essai en Belgique au troisième trimestre de cette année, chez des femmes adultes hébergeant déjà des HPV potentiellement cancérigènes… et ayant théoriquement dépassé l’âge de recevoir les vaccins anti-HPV, puisque ceux-ci sont majoritairement conseillés en primo-vaccination chez les jeunes filles de 12 à 14 ans (selon les pays).
L’Agence fédérale belge pour les médicaments et les produits de santé a approuvé le protocole d’essai de phase 1 de Genticel, ainsi que le Comité d’éthique de l’Université d’Anvers. Pour Genticel, cette première étape des essais cliniques est importante, alors que la biopharma vient de réussir une levée de fonds complémentaire de 13,1 millions d’euros en février dernier.
L’essai se déroulera dans le cadre du Centre d’évaluation des vaccins de l’Institut des vaccins et des maladies infectieuses de l’Université d’Anvers (qui a une spécialisation dans les maladies tropicales – héritage de l’ex- Congo belge), sous la direction du Pr Pierre Van Damme. L’objectif principal de la phase 1 est d’évaluer la sécurité et l’immunogénicité de ProCervix®. Les études précliniques (c’est à dire avant passage à l’humain) lont déjà rassuré ses promoteurs.
ProCervix® est composé de 2 protéines recombinantes (Adenylate Cyclase ou CyaA), l’une porteuse de l’antigène E7 du HPV 16, l’autre de l’antigène du HPV 18 – les HPV jugés responsables d’au moins 70 % des cancers du col de l’utérus. Ces deux vecteurs sont originaux en ce sens qu’ils sont en quelque sorte des « présentateurs d’antigènes nus » aux cellules immunitaires majeures : les lymphocytes T CD4+ et CD8+.
A la différence des vaccins préventifs, qui protègent seulement les patientes qui n’ont pas encore été infectées – d’où leur prescription principalement chez les jeunes filles (la primo-contamination survient lors d’un premier rapport sexuel), ProCervix est conçu pour les femmes déjà infectées par HPV 16 et 18 », résume le Dr Benedikt Timmerman, PDG de Genticel.
HPV et cancer cervical : selon les plus récentes estimations, environ 300 millions de femmes sont porteuses de HPV dans le monde, dont environ 93 millions de HPV 16 et/ou HPV18. Dans cette population totale, le cancer cervical est diagnostiqué chaque année chez environ 350 000 patientes.
Genticel, à l’origine issu de l’Institut Pasteur et d’abord dénommé BT Pharma, a développé les vecteurs dd’antigènes viraux CyaA, découverts par des chercheurs de Pasteur. Un accord de licence a permis à Genticel d’exploiter cette technologie. Plusieurs essais ont montré la possibilité d’utiliser les CyaA sur divers modèles animaux en oncologie, maladies bactériennes et virales, d’où possibilité d’applications élargies.
Source Genticel (visuels), mise en ligne par Alexis Yapnine, Santé log, le 26 juillet 2010
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Cette actualité a été publiée le 26/07/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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