CANCER DU NASOPHARYNX : Vers un nouveau traitement ?
Actualité publiée le 20-02-2009
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Une recherche originale menée à l’Institut Gustave-Roussy (IGR) de Villejuif pourrait déboucher un jour sur un nouveau traitement et un nouveau test de diagnostic d’un cancer difficile : la cancer du nasopharynx, ou carcinome naso-pharyngé (NPC), qui se développe au dépense de la muqueuse respiratoire du pharynx et de l’arrière-nez (arrière des fosses nasales). Au départ, l’équipe qui publie ses constatations cherchait à comprendre comment ce cancer échappe à la surveillance immunitaire de l’organisme du patient.
L’équipe du Dr Pierre Busson (IGR et CNRS UMR 8126 Biologie des carcinomes nasopharyngés) évoque une activité immunosuppressive des cellules de cancéreuses, c’est à dire qu’elles ont la capacité de neutraliser la réaction immunitaire du patient. Cette résistance de la tumeur est probablement en cause dans d’autres formes de cancers, mais cela reste à démontrer.
Dans le cas du NPC, qui a pour cause plusieurs facteurs (génétiques, alimentaires infection à virus Epstein-Barr/EBV), l’équipe du Pr Busson, en collaboration avec le Département de chirurgie cervico-faciale de l’IGR, a découvert que les cellules du NPC excrètent à leur surface des vésicules, les exosomes, qui rejoignent ensuite la circulation sanguine. C’est là que s’exerce leur action délétère : ils détruisent sélectivement les lymphocytes CD4 Th1 : Th pour T helpers, qui sont des auxiliaires indispensables à la mise en action du processus complexe de la réponse immunitaire cellulaire (les lymphocytes) et humorale (les anticorps) du patient.
Si les exosomes sont produits au stade de la tumeur débutante, on peut espérer pouvoir les détecter précocement par un tests de diagnostic développé tout exprès. Pour repérer dans le sang ces marqueurs biologiques. Par ailleurs, on peut également envisager de développer un traitement neutralisant les exosomes pour sauvegarder la puissance de la réponse immunitaire – d’autant que dans le NPC la présence d’un virus (un corps étranger) devrait dynamiser cette réponse.
Les NPC sont en France et en Europe des cancers rares, mais leur prévalence est élevée dans les pays du Maghreb et en Asie.
Mis en ligne par Jean-Marie Manus, Conseiller pour la santé publique, Santé log, le 20 février 2009
Source : Communication IGR. chloe.louys@igr.fr Vignette et visuel IGR
(1) Blood diffusion and Th1-suppressive effects of galectin-9 containing exosomes released by Epstein-Barr virus-infected nasopharyngeal carcinoma cells. Blood, 19 février 2009. Travaux soutenus par l’Agence nationale de la recherche et par le Comité du Val-de-Marne de la Ligue nationale contre le cancer.
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Cette actualité a été publiée le 20/02/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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