CANCER du SANG : Une nouvelle approche française de thérapie cellulaire
Actualité publiée le 26-07-2010
Science Translational Medicine
L'injection de lymphocytes préalablement manipulés afin d'augmenter leur activité anticancéreuse, c’est la nouvelle approche de thérapie cellulaire pour des patients atteints de cancer du sang, mise au point par une équipe de chercheurs et de médecins français. Les résultats de l'essai clinique, très positifs, publiés dans la revue Science Translational Medicine, ouvrent des perspectives thérapeutiques importantes en cancérologie.
Un grand nombre de maladies cancéreuses de la moelle osseuse et du sang, comme les leucémies ou les lymphomes par exemple, peuvent être soignés de façon efficace par « greffe de moelle osseuse », plus généralement dénommée aujourd'hui « greffe de cellules souches sanguines ». Le donneur peut être soit un membre de la famille du patient soit, de plus en plus souvent aujourd'hui, un donneur volontaire sans lien familial avec le patient. Des cellules provenant du cordon ombilical peuvent aussi être utilisées dans ce type d'approche. Actuellement, en incluant tous ces types de donneurs possibles, près de 1.500 greffes de cellules souches sanguines sont effectuées en France par an.
Malheureusement, trop souvent, la maladie cancéreuse n'est pas totalement contrôlée par la greffe.
L’équipe, composée de chercheurs et de médecins français de l'AP-HP, du CNRS, de l'Inserm ainsi que des Universités Pierre et Marie Curie et Paris-Est Créteil Val de Marne, a mis au point avec succès une nouvelle approche de thérapie cellulaire adaptée à une population de patients en échec thérapeutique. Celle-ci repose sur l'injection de lymphocytes préalablement manipulés afin d'augmenter leur activité anticancéreuse. Cette manipulation consiste à éliminer spécifiquement une fraction des lymphocytes injectés - les T-régulateurs - car ils inhibent l'activité anticancéreuse des autres lymphocytes.
« Cet essai clinique est le premier succès mondial de thérapie cellulaire reposant sur la manipulation d'une population de cellules que l'on appelle les T régulateurs » indique le Dr José Cohen, responsable scientifique de l'essai. Le traitement a été très bien toléré et un tiers des 17 patients traités ont répondu au traitement alors qu'ils n'avaient plus d'autres options thérapeutiques.
Ces travaux ouvrent des perspectives thérapeutiques importantes et les équipes travaillent déjà à des améliorations de la préparation cellulaire qui devraient augmenter encore l'effet thérapeutique. « Le bénéfice potentiel des transfusions de lymphocytes après greffe est connu depuis une quinzaine d'années mais est resté longtemps inégal et aléatoire.
« Ces travaux ont une portée plus générale pour le traitement du cancer et notamment des tumeurs solides. Dans le cadre d'un essai clinique promu par l'AP-HP avec le Pr Hannoun, chef du service de chirurgie et hépato-bilio-pancréatique à la Pitié-Salpêtrière, nous étudions actuellement l'élimination de ces mêmes lymphocytes T régulateurs dans le traitement des métastases hépatiques des cancers colorectaux ».
Source : Communication conjointe AP-HP/CNRS/UPMC/UPEC/Inserm, adaptation Maurice Chevrier, Santé log, le 27 juillet 2010 (Vignette Kiadis Pharma, visuel Ligue contre le Cancer)
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Cette actualité a été publiée le 26/07/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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