CANCER du SEIN : Quelle interaction entre gènes et environnement ?
Actualité publiée le 08-06-2010
The Lancet
La réponse est apportée par une analyse récente des données de la “Million Women Study” et publiée dans l’édition en ligne du Lancet, du 2 juin 2010. Dans cette étude financée par le Cancer Research UK and the UK Medical Research Council, les chercheurs de l’Université d’Oxford et du Centre National de Génotypage (CEA- France) ont analysé les interactions entre facteurs génétiques et non génétiques, responsables du cancer du sein avant la ménopause.
Les chercheurs ont travaillé à partir des données de l’étude « Million Women », une étude britannique sur la santé des femmes, impliquant plus d'un million de femmes âgées de 50 ans et plus, résultat d’une collaboration entre le Cancer Research UK et le National Health Service. L'objectif principal de cette grande étude cohorte porte sur les effets du recours à l'hormonothérapie substitutive, mais la taille de l'étude permet d’aborder un très large éventail de problèmes de santé. La Million Women Study étudie notamment comment les différents facteurs de mode de vie influent en matière de reproduction et peuvent affecter la santé et en particulier les seins des femmes. Parmi les autres facteurs étudiés figurent l'alimentation, l'exercice physique, le secteur professionnel, l’utilisation de contraceptifs oraux, l'accouchement et l'allaitement, et les antécédents familiaux de maladie sur un large éventail de cancers et ou d'autres problèmes de santé.
Mais jusqu'alors les données étaient limitées sur les effets combinés sur l'incidence du cancer du sein des facteurs génétique et des facteurs environnementaux.
Les chercheurs ont testé les interactions gènes-environnement pour 7.610 femmes ayant développé un cancer du sein et effectué 10.196 contrôles chez des patientes sans la maladie, pour étudier les effets d’une dizaine de facteurs de risque établis de l'environnement (âge des règles, nombre d’accouchements, âge à la première naissance , allaitement, ménopause, âge à la ménopause, hormonothérapie substitutive, IMC, taille et consommation d'alcool) sur 12 polymorphismes génétiques de susceptibilité (c’est-à-dire des séquences de gènes facteurs de susceptibilité à la maladie).
Après avoir réalisé de nombreux tests sur plus de 120 combinaisons possibles, aucun n’apporte de preuves significatives d'une interaction gène-environnement. Malgré des résultats contraires d’études précédentes, cette étude apporte peu de preuves que les risques relatifs génotypiques puissent être modifiés par la prise d’une hormonothérapie substitutive.
Les risques de cancer du sein avec polymorphismes de susceptibilité ne sont donc aucunement influencés par ces dix facteurs de risque établis de l'environnement.
Source : The Lancet, Early Online Publication, 2 June 2010 “Gene—environment interactions in 7610 women with breast cancer: prospective evidence from the Million Women Study”, The million women study, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 8 juin 2010 (Vignette e cancer “Récepteurs hormonaux d’un cancer hormonosensible ")
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Cette actualité a été publiée le 08/06/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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