CANCER DU SEIN : 40% des chimiothérapies évitables
Actualité publiée le 29-01-2010
Marqueurs
40% des chimiothérapies pourraient être évitées pour les cancers du sein dépistés à un stade précoce et sans atteinte ganglionnaire, par utilisation de marqueurs, développés depuis 15 ans à l’AP-HM et reconnus par l’American society of Clinical oncology (ASCO).
Les marqueurs tissulaires développés depuis 15 ans à l’AP-HM permettent de déterminer si oui ou non une chimiothérapie est nécessaire pour traiter un cancer du sein dépisté à un stade précoce sans envahissement ganglionnaire.
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme dans les pays occidentaux dont 25% des cancers sont des cancers du sein. En France, chaque année, on diagnostique environ 42.000 nouveaux cancers du sein chez des femmes d’âges différents, mais plus fréquemment autour de 60 ans. 80 à 90 % des femmes soignées pour un cancer du sein localisé, sans atteinte ganglionnaire, subissent une thérapie adjuvante de type chimiothérapie.
La chimiothérapie « adjuvante » est utilisée en prévention des rechutes de cancer du sein afin de supprimer d’éventuelles cellules tumorales résiduelles non détectables. La diminution du risque de rechute peut varier selon les cas de 5 à plus de 50%, selon l’IGR. Aussi la chimiothérapie est-elle souvent proposée après la chirurgie à titre de traitement complémentaire préventif, ou même quelquefois avant la chirurgie.
La chimio, parfois inutile : L’APHM indique, dans son dernier bulletin, que pour une grande majorité des patientes, la chimiothérapie est inutile car leur risque de récidive est très faible. Ainsi, le taux de chimiothérapies ne serait que de 40 à 50 % dans d’autres pays européens tels que l’Allemagne, le Danemark ou les Pays-Bas. Explication : ces pays utilisent largement un test diagnostic permettant d’analyser la quantité dans la tumeur de deux biomarqueurs, uPA et PAI-1.
A l’AP-HM, ces marqueurs ont été développés depuis 15 ans au laboratoire de Transfert d'oncologie biologique de l’hôpital Nord dans le cadre d’un réseau de recherche européen, permettent d’identifier des sous-groupes en fonction du risque de récidive. Les femmes à faible risque de récidive peuvent, dans certaines conditions, éviter d’être traitées par une chimiothérapie. Un test encore peu utilisé en France, notamment en région PACA, alors qu’il est beaucoup moins onéreux (90 euros environ, remboursés par la sécurité sociale), que d’autres tests multigéniques (2 000 à 3 000 euros, non remboursés).
Le test uPA/PAI est pourtant le seul à avoir obtenu le "Level of evidence 1", le plus haut niveau de preuve justifiant son utilisation en routine, sa valeur pronostique a été confirmée en 2002 sur plus de 8 000 cancers par l’EORTC (European Organisation for Research and Treatment of Cancer) et l’American society of Clinical oncology (ASCO) l’a intégré depuis 2007 à ses recommandations.
Source AP/HM- Contact Pr Pierre-Marie Martin, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 29 janvier 2010 (Visuels e-cancer)
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Cette actualité a été publiée le 29/01/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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