CANCER DU SEIN : De nouveaux tests pour une CHIMIOTHERAPIE « UTILE »
Actualité publiée le 23-09-2009
IGR
Aucun type de tumeur ne ressemble à un autre type de tumeur, en cela que chaque tumeur possède une caractéristique génétique propre qui la rend vulnérable à un type de traitement et résistante à un autre. La perte d’une fonction d’un gène, le « P2RX7 », est associé ainsi à une moins bonne réponse thérapeutique à une chimiothérapie par anthracyclines, c’est le résultat de recherches en biologie génétique sur les tumeurs du sein, réalisées par une équipe de chercheurs de l’Institut de cancérologie Gustave Roussy (IGR). Ces résultats réaffirment l’importance des tests de biologie génétique prédictive, en cours de développement dans plusieurs centres de recherche en cancérologie en Europe. Ces tests devraient faire progresser le taux de guérison ou de rémission des cancers.
Cette caractéristique génétique tumorale, c’est la mutation d’un gène propre à chaque type de tumeur. Identifier cette mutation, c’est aussi permettre de prédire l’efficacité de telle chimiothérapie plutôt qu’une autre, et de ce fait, obtenir un taux de succès thérapeutique plus important dans ce type précis de tumeur. Plusieurs exemples existent de ce type de recherche, qui débouchent sur un concept relativement neuf : le traitement ciblé ou personnalisé d’un cancer.
A l’Institut Gustave Roussy (IGR, Villejuif), deux équipes mixtes (INSERM U 805 et U 848, Prs Laurence Zitvogel et Guido Kroemer) étudiant les tumeurs du sein ont constaté que la perte d’une fonction d’un gène, le P2RX7, est associée à une moins bonne réponse de thérapeutique à une chimiothérapie par anthracyclines (1). Résultat : le développement ultérieur d’un test de détection de la mutation en question, en vue de mieux identifier les patientes susceptibles de mieux répondre aux anthracyclines que les autres patientes, auxquelles naturellement on proposera une alternative thérapeutique.
Tout est parti d’une étude rétrospective, chez 225 patientes atteintes de cancer du sein et traitées par anthracyclines. Parmi elles, 81 étaient porteuses d’un gène P2RX7 muté, non fonctionnel et 144 d’un gène P2RX7 non-muté, fonctionnel, les patientes avec gène non-fonctionnel ayant rechuté plus rapidement que celles avec le gène P2RX7 normal. Au total, 54 % des patientes avec gène non-fonctionnel ont rechuté à 5 ans, contre 40 % des patientes avec gène fonctionnel. Or ce gène code pour un récepteur (purinergique), présent à la surface de certaines cellules dendritiques, cellules du système immunitaire.
Après avoir décodé le système assez complexe et le mécanisme immunitaire au sein duquel le gène P2RX7 exerce une fonction, et suite à ces découvertes, les chercheurs ont mis au point un test simple de détection de la mutation du gène P2RX7. Ce test a fait l’objet d’un dépôt de brevet. Des entreprises de biotechnologies peuvent maintenant se proposer d’en acquérir la licence pour le développer et mener des essais à grande échelle. Afin qu’à l’avenir, ce test puisse être proposé aux patientes, avant prescription d’une chimiothérapie à base d’anthracyclines : Si le test prédit une moindre sensibilité à cette chimiothérapie, des alternatives sont aujourd’hui disponibles qui, à leur tour un jour, se trouveront mieux ciblées grâce à l’identification d’autres mutations… Un pas de plus vers les traitements personnalisés, ici en fonction de critères biologiques du patient.
Auteur : Maurice Chevrier, Santé log, le 22 septembre 2009 (Visuel InCa : http://www.e-cancer.fr)
Source: Communication IGR. www.igr.fr
En savoir plus sur les recherches du Pr Laurence Zitvogel à l’lGR : www.sous-le-signe-du-cancer.org
(1) Activation of the NLRP3 inflammasome in dendritic cells induces IL-1β–dependent adaptive immunity against tumors. Nature Medicine, 20 septembre 2009. Cette découverte a été possible grâce à une collaboration étroite avec une équipe du Peter MacCallum Cancer Centre de Melbourne (Australie), dirigée par le Dr Mark J Smyth, et le Centre Georges-François Leclerc de Dijon. Ces travaux ont reçu le soutien de la Ligue Nationale Contre le Cancer et de la Fondation pour la Recherche Médicale.
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Cette actualité a été publiée le 23/09/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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