CANCER du SEIN : Espoir d’un vaccin pour demain
Actualité publiée le 02-06-2010
Nature Medicine
Des chercheurs du Cleveland Clinic Learner Research Institute, qui viennent de publier dans la revue Nature Medicine du 30 mai, ont obtenu, sur ”l’animal”, des résultats concluants avec un vaccin en prévention du cancer du sein. Des essais cliniques sur la Femme sont désormais envisagés mais les chercheurs préviennent que si ces essais étaient à leur tour concluants, un tel vaccin ne pourrait être développé avant quelques années.
Aujourd'hui le cancer du sein concerne 1 femme sur 9, soit, en France, plus de 50.000 nouveaux cas par an et plus de 10.000 décès. Plus un cancer du sein est détecté tôt, plus les chances de guérison sont importantes, d’où la régularité et le coût des dépistages qui pourraient être réduits si l’on parvenait au développement d’un tel vaccin. Si un vaccin contre le cancer du col de l’utérus (HPV) existe déjà, les chercheurs rappellent en préamble que la majorité des recherches sur le Cancer sont ciblées vers le développement de traitements ciblés et personnalisés de tumeurs déjà développées plus que vers une vaccination à visée prophylactique.
La difficulté dans le développement de vaccins prophylactiques du cancer est principalement attribuable au fait que les antigènes tumoraux sont des variations des protéines du patient et peuvent aussi détruire ses cellules saines, expliquent les chercheurs.
Les chercheurs ont travaillé sur plusieurs types de cancer du sein chez les souris afin de définir une stratégie de prototypes pour la vaccination prophylactique du cancer. Ils ont choisi comme cible de leurs travaux la protéine alpha-lactalbumin (α-lactalbumine) parce que cette protéine est exprimée à des niveaux élevés dans la majorité des cancers du sein.
Les chercheurs ont testé leur vaccin testé chez les souris, aucun cancer n'a été enregistré chez celles ayant reçu une injection d'un vaccin ciblant la protéine alpha-lactalbumine.Les chercheurs ont constaté que l’immunoréactivité contre α-lactalbumine, qui n’est exprimée que pendant l'allaitement, offre une protection importante contre le développement des cellules tumorales. La vaccination n’a donné lieu à aucune inflammation détectable dans les tissus mammaires normaux qui n'allaitent pas. Ainsi, la vaccination ciblant la protéine α-lactalbumine a fourni, dans cette étude, une protection contre le développement du cancer du sein.
Les chercheurs concluent que, la vaccination α-lactalbumine peut fournir une protection sûre et efficace contre le développement du cancer du sein pour les femmes, passé l’âge de procréer, mais des années avant la ménopause, lorsque la lactation est facilement évitable et le risque de développer un cancer du sein est élevé. La prochaine étape serait donc des essais cliniques sur la Femme avec pour objectif le développement d’un vaccin en prévention du cancer du sein.
Source: Nature Medicine doi:10.1038/nm.2161 “An autoimmune-mediated strategy for prophylactic breast cancer vaccination”, adaptation, traduction, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 2 juin 2010 (Visuel e-cancer, Vignette Nature Medicine “α-lactalbumin–specific T cells induce tumor inflammation”)
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Cette actualité a été publiée le 02/06/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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