CANCER DU SEIN et HORMONOTHÉRAPIE : Les nouvelles recommandations américaines
Actualité publiée le 29-07-2010
Journal of Clinical Oncology
Des recommandations actualisées concernant l’hormonothérapie du cancer du sein viennent d’être publiées par l’ASCO, l’American Society of Clinical Oncology. Elles précisent un point important au sujet des femmes en post-ménopause ayant une tumeur mammaire positive pour les récepteurs hormonaux : le recours aux inhibiteurs de l’aromatase en traitement adjuvant (le plus souvent après chirurgie) a permis d’observer un plus faible risque de récidive qu’après l’utilisation du seul tamoxifène. C’est ce qui justifie cette mise à jour des recommandations, publiées également dans l’édition en ligne du 12 juillet du Journal of Clinical Oncology.
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme dans les pays riches. Avec près de 50.000 nouveaux cas estimés chaque année en France, le cancer du sein représente près de 37% de l'ensemble des nouveaux cas de cancers féminins. Aux Etats-Unis quelque 200.000 femmes ont un diagnostic de cancer du sein, chaque année. La plupart de ces cancers sont positifs pour les récepteurs hormonaux, c’est à dire répondant à l’effet « facteur de croissance » des estrogènes et/ou de la progestérone.
Leur traitement implique la plupart du temps des traitements hormonaux qui suppriment ou bloquent l’action des hormones naturelles, les estrogènes chez la femme en post-ménopause : tamoxifène ou inhibiteurs de l’aromatase. Le tamoxifène agit en tant qu’antagoniste des récepteurs des estrogènes, alors que les inhibiteurs de l’aromatase suppriment la néo-sécrétion des estrogènes chez la femme ménopausée. 3 inhibiteurs sont disponibles : Arimidex® (anastrozole), Femara® (letrozole), Aromasin® (exemestane).
Plusieurs études larges ont comparé ces inhibiteurs au tamoxifène et ont établi leur efficacité dans le traitement des tumeurs mammaires positives pour les récepteurs hormonaux, soit en traitement initial, soit en traitement alternatif avec le tamoxifène. Dans tous les cas, leur utilisation en traitement adjuvant a montré un moindre risque de récidive.
C’est donc sur ces données que l’ASCO a actualisé ses recommandations sur l’hormonothérapie chez les femmes ayant une tumeur hormono-dépendante, chez lesquelles on doit envisager l’ajout d’un inhibiteur de l’aromatase en cours de traitement. Pour l’instant le moment de leur prescription et sa durée n’ont pas encore fait consensus. Le médecin doit prendre en considération les effets indésirables décrits : perte de masse osseuse, arthralgies, HTA, risque d’hypercholestérolémie.
Le traitement hormonal adjuvant (ou endocrinien) concerne 75 à 80 % des cancers du sein qui sont hormono-dépendants. Il comporte :
· soit des inhibiteurs de l’aromatase (AIs), qui réduisent jusqu’à 90 % la sécrétion des estrogènes chez la femme menopausée à partir de divers tissus and organes (autres que les ovaires) sous l’influence d’une enzyme : l’aromatase ; ils n’on pas d’utilité chez la femme non ménopausée ;
· soit le tamoxifène (Nolvadex®), qui bloque l’action des estrogènes sur la croissance tumorale, et a montré la possibilité de réduire le risque de récidive et de prolonger la survie (recul de 30 ans) ; efficace chez les femmes ménopausées ou non, ses effets secondaires sont : thromboses, augmentation du cancer utérin, bouffées de chaleur.
Sources : Association Susan G. Komen for a Cure® ; ASCO : Burstein HJ, Prestrud AA, Seidenfeld J et al. American Society of Clinical Oncology Clinical Practice Guidelines: Update on adjuvant endocrine therapy for women with hormone receptor-positive breast cancer. Journal of Clinical Oncology, online 12 juillet 2010, mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log (traduction, adaptation), le 29 juillet 2010 (Visuels Institut Curie)
Accéder aux dernières actualités sur le Cancer du sein
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 29/07/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|