CANCER DU SEIN et OBESITÉ : Un risque accru de diagnostic tardif
Actualité publiée le 19-05-2010
American society of breast surgeons
Lors de la réunion annuelle de la Société américaine de chirurgie mammaire (American society of breast surgeons) à Las Vegas, le Dr Danielle Haakinson (chirurgien, Mayo Clinic) a souligné que les femmes obèses ont plus de probabilité d’avoir un cancer du sein détecté à un stade avancé et d’avoir déjà des métastases lymphatiques que les femmes de poids normal. Dans notre étude, précise le Pr Haakinson, « ces femmes ont des tumeurs plus étendues qu’elles ont moins de possibilité de détecter elles-mêmes par l’autopalpation ». « La majorité de ces femmes sont donc diagnostiquées à l’occasion d’une mammographie. Il s’agit là de conclusions significatives ».
Parallèlement, ces femmes ont un taux de survie moindre, du fait probablement de ce diagnostic à un stade tardif de l’évolution du cancer mais d’autres pathologies associées à l’obésité peuvent aussi compromettre le taux de survie. L’obésité est statistiquement un facteur de risque du cancer du sein.
Nécessité de fréquentes mammographies chez ces femmes confrontées à un auto-dépistage difficile, c’est le seul moyen d’éviter le retard de diagnostic : « Cette information devrait être prise en compte à la fois par les femmes et leur médecin traitant », dit le Dr Haakinson, ce qui laisse sous-entendre que le médecin qui suit une femme en surpoids devrait s’inquiéter du dépistage du cancer du sein, puisqu’elle ne peut pratiquer utilement l’autopalpation. « D’autres études ont constaté que les femmes obèses ont tendance à être moins adeptes des dépistages réguliers du cancer du sein. Ceci, s’ajoutant avec l’augmentation possible de difficultés à découvrir nodule dans un sein très développé, peut contribuer au taux de survie très bas chez les femmes obèses». Il est possible aussi, ajoute-t-elle, que les femmes obèses ont moins le désir d’examiner leurs seins attentivement du fait qu’elles se sentent mal à l’aise avec leur image corporelle. On a constaté aussi qu’un nombre supérieur de femmes ne cherchent pas à consulter après avoir découvert une masse suspecte à l’autopalpation, par rapport aux femmes non obèses.
L’étude commentée par le Dr Haakinson a comparé 327 femmes obèses (IMC > 30 et plus) avec 1 025 femmes non obèses, traitées pour cancer invasif entre 2000 et 2008 à la Mayo Clinic (Arizona).
Bien qu'il n'y ait pas de différence d'âge moyenne entre les groupes,
· moins de patientes obèses présentaient un cancer à un jeune âge: 2% des patients obèses de moins de 40 ans contre 4 pour les patients non obèses,
· les patientes obèses étaient plus susceptibles d’être dépistées par imagerie plutôt que par un examen clinique (67% vs 56%),
· une différence presque entièrement attribuable à une baisse du taux de patientes obèses présentant des masses par autopalpation des seins (28% contre 38% pour les patients non obèses),
· 71% des patientes obèses avaient des tumeurs <2 cm par rapport à 79% des patients non-obèses,
· les patientes obèses étaient nettement plus susceptibles d'avoir des métastases ganglionnaires (31% vs 25%),
· le taux de traitement de conservation du sein s’est élevé à 69% pour les patientes obèses et 70% pour les patients non obèses
· mais les patientes obèses ont subi une reconstruction immédiate en cas mastectomie dans seulement 29% des cas contre 47% chez les patientes non-obèses
Les spécialistes considèrent l’obésité comme un risque sanitaire significatif et en progression, associé à nombre de cancers. « Le message est clair, conclut le Dr Haakinson, les femmes obèses doivent être particulièrement assidues à se soumettre au dépistage du cancer du sein par une consultation et une mammographie annuelles : deux décisions faciles à prendre… une fois qu’une femme a compris l’effet positif pour sa santé ».
Source : Communication “Obese Patients Present with More Advanced Cancers: The Impact of Obesity on Breast Cancer”, mise en ligne Claire Tancrède, Santé Log, le 19 mai 2010
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Cette actualité a été publiée le 19/05/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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