CANCER du SEIN : Plus de vitamine D pour un risque diminué de 25%
Actualité publiée le 08-09-2010
IGR/Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention
Une étude de cohorte prospective menée par une équipe de l’Institut Gustave Roussy, révèle qu’une augmentation des niveaux sanguins de vitamine D semble diminuer significativement le risque subséquent de cancer du sein, alors que les niveaux sanguins de calcium semblent sans effet. Les résultats de cette analyse, publiés dans l’édition du 8 septembre dans le journal Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, encouragent, chez des femmes sédentaires peu exposées au soleil, une prise quotidienne de 2000 UI de vitamine D correspondant à 10 fois les recommandations actuelles de l’Afssa.
L’étude E3N, menée par Françoise Clavel-Chapelon (Directrice de recherche Inserm-Université Paris-Sud 11, à l’Institut Gustave Roussy) s’est intéressée à la relation entre concentrations sériques de vitamine D et de calcium et risque de cancer du sein. Cette étude épidémiologique auprès de femmes de la MGEN (Mutuelle Générale de l'Education Nationale) est une enquête de cohorte prospective portant sur environ 100.000 femmes volontaires françaises nées entre 1925 et 1950 et suivies depuis 1990.
La relation entre vitamine D, calcium et risque de cancer du sein demeure sujette à caution bien qu’une augmentation croissante de preuves épidémiologiques suggère que ces deux nutriments puissent réduire ce risque.
La littérature distingue aujourd’hui deux types d’études : celles qui portent exclusivement sur l’association entre risque de cancer du sein et apports en vitamine D et en calcium d’origine alimentaire ou sous forme de complément, et celles qui étudient cette association grâce aux concentrations sériques de vitamine D et de calcium. Etant donné que la source principale de vitamine D pour l’organisme provient de l’exposition solaire, les études qui portent sur l’association entre concentration sérique en vitamine D et risque de cancer du sein vont moins souffrir de biais lorsqu’elles prennent en compte exposition solaire et données alimentaires.
Un risque diminué avec la vitamine D : Pour étudier la relation entre vitamine D sérique et risque de cancer du sein, les chercheurs ont analysé les données d’une étude cas-témoins construite au sein de la cohorte E3N menée, dès 1990, sur 98.995 femmes alors âgées de 40 à 65 ans. Ils ont identifié 636 cas de cancer du sein survenus durant l’étude parmi les 17.540 femmes qui avaient donné un échantillon sanguin entre 1995 et 1998 et qui disposaient de données alimentaires détaillées sur leur consommation en vitamine D et en calcium.
Les résultats de l’étude ont permis de montrer d’une part, que très peu de femmes dosées avaient un taux sanguin de vitamine D adéquat : 75% n’atteignaient pas la valeur de 30 ng/mL. D’autre part, ils ont montré une diminution significative de 25% (OR=0.73 (0.55-0.96)) du risque de cancer du sein pour les femmes avec les concentrations sériques les plus élevés de 25(OH) vitamine D3 (>27,0 ng/mL, correspondant au tiers des femmes avec les taux sériques les plus élevés) en comparaison aux femmes avec les concentrations les plus faibles (<19,8 ng/mL, correspondant au tiers des femmes avec les taux sériques les plus bas).
Aucune association entre le taux sérique de calcium et le risque de cancer du sein :
« Les niveaux de calcium ne semblent pas liés au cancer du sein. En revanche, s’agissant de la vitamine D, nos résultats sont en faveur d’une association entre taux sériques élevés et diminution du risque de cancer du sein », conclut Françoise Clavel-Chapelon.
D’ores et déjà, ces données plaident en faveur du maintien de niveaux biologiques adéquats en vitamine D notamment dans des populations avec des taux sériques faibles comme c’est le cas pour les femmes de l’étude E3N, ce qui implique, chez des femmes sédentaires peu exposées au soleil, une prise quotidienne de 2000 UI de vitamine D correspondant à 10 fois les recommandations actuelles de l’Afssa.
Des résultats qui doivent encourager les agences de santé à soutenir les études interventionnelles étudiant l'impact d'une fortification en vitamine D de certains aliments, d'autant que le seuil de toxicité de cette vitamine est élevé.
Source : communiqué IGR-Chloé Louys, Cancer Epidemiol Biomarkers & Prev, 8 septembre 2010.
« Serum 25(OH) vitamin D and risk of breast cancer: a nested case-control study from the French E3N cohort». Am J Clin Nutr 2006;84:18-28. « Estimation of optimal serum concentrations of 25-hydroxyvitamin D for multiple health outcomes » mise en ligne Claire Tancrède, Santé log, le 8 septembre 2010
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Cette actualité a été publiée le 08/09/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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