CANCER et DIABÈTE : Les secrets du NEM1 ouvrent une nouvelle voie thérapeutique
Actualité publiée le 03-07-2010
Gastroenterology
Une équipe française de génétique moléculaire, qui travaille sur les tumeurs cancéreuses du pancréas endocrine, a peut-être ouvert une nouvelle voie thérapeutique pour le diabète. En résumé, en observant le phénomène de transdifférenciation (transformation) des cellules alpha (à glucagon) en cellules bêta (à insuline) sur des souris mutantes, il apparaît que l’invalidation du gène NEM1 spécifique des cellules alpha induit d’abord à une prolifération de ces cellules. Puis, par un mécanisme encore inconnu, les alphas se mettent à secréter de l’insuline, mais en formant des insulinomes, tumeurs cancéreuses. Des résultats publiés dans la revue Gastroenterology (1).
C’est ce que rapportent Chang Xian Zhang, directeur de recherche INSERM, et coll. (Laboratoire de génétique moléculaire, signalisation et cancer, CNRS/Université Lyon1-Claude Bernard/ Centre Léon-Bérard, Marc Billaud, directeur). Leur travail sur les tumeurs du pancréas endocrine ouvrent la voie au développement de nouveaux traitements du diabète.
En étudiant l’origine de ces tumeurs, ils ont éclairé le processus de transdifférenciation des cellules alpha en cellules secrétant l’insuline, de fausses bêta, en fait. En plus d’élucider en partie l’émergence de ces tumeurs, ils apportent des données pour de futurs traitements du diabète. Le diabète de type 1 est consécutif à l’arrêt de la fonction insulinogène des cellules bêta et l’un des objectifs principaux de la recherche en diabétologie est de trouver un moyen de restaurer cette fonction.
L’équipe de Chang Xian Zhang est une des plus actives au monde, depuis plus de 10 ans, à s’efforcer de décrypter les fonctions du gène NEM1. On constate que l’inactivation de ce gène conduit à l’émergence de diverses tumeurs (néoplasies endocriniennes multiples de type 1: NEM1). Les tumeurs du pancréas endocrine sont complexes: au moins un tiers comporte des cellules sécrétant plusieurs hormones, contrairement aux cellules saines, suggérant de multiples hypothèses sur leur origine cellulaire. Elucider le processus de l’apparition et du développement de ces tumeurs est donc la clé pour mieux les maitriser, améliorer le diagnostic et le pronostic, le suivi médical, le traitement du cancer du pancréas.
Pourquoi l’inactivation de NEM1 entraîne-t-elle l’émergence de ces tumeurs? Sur des souris, ce gène a été inactivé dans les cellules alpha à glucagon. Les souris ont développé non seulement des tumeurs alpha, mais aussi des tumeurs bêta, ainsi que des tumeurs mixtes secrétant les deux hormones.
Pour la première fois, l’équipe a montré que l’inactivation de NEM1 déclenche d’abord la prolifération des cellules alpha, puis que celles-ci deviennent des cellules à insuline, transdifférenciation induisant des tumeurs alpha, des tumeurs bêta et des tumeurs mixtes. NEM1 semble ainsi contrôler la plasticité des cellules alpha pancréatiques.
La compréhension de la transdifférenciation alpha--->cellules à insuline expliquerait mieux l’origine cellulaire des tumeurs du pancréas endocrine. Prochain objectif: affiner diagnostic et pronostic et identifier des cibles thérapeutiques potentielles.
« En plus de nouvelles pistes pour la recherche contre le cancer, l’étude des mécanismes de la transdifférenciation permettrait une meilleure compréhension de la biologie des cellules endocrines pancréatiques et la conception de nouvelles stratégies de régénération des cellules bêta pancréatiques, un enjeu majeur dans le traitement du diabète », dit Chang Xian Zhang.
Source: Communication INSERM, mise en ligne par Alexis Yapnine, Santé log, le 2 juillet 2010 (Visuel NIH, vignette îlot pancréatique NIH)
Accéder aux dernières actualités sur le Cancer, sur le Diabète
(1) α-cell-specific Men1 ablation triggers the transdifferentiation of glucagon-expressing cells and insulinoma development, Chang Xian Zhang et coll., Gastroenterology, mai 2010; 138:1954-1965. zhang@lyon.fnclcc.fr
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 03/07/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|