CANCER : MIEUX CIBLER LES CHIMIOTHERAPIES
Actualité publiée le 02-12-2009
Rapport InCa
Le rapport sur la situation de la chimiothérapie des cancers en 2009, publié par l’Institut National du Cancer (INCa) recense et analyse les évolutions récentes de la pratique de la chimiothérapie des cancers dans les établissements de santé. Inscrit dans la mise en œuvre du Plan cancer 2009-2013, il souhaite garantir un accès égal aux traitements et aux innovations, tout en maîtrisant la hausse des coûts liée à l’usage croissant de chimiothérapies et au développement de molécules anticancéreuses innovantes mais coûteuses. Pour atteindre cet objectif, il recommande de mieux cibler les chimiothérapies et de les faire précéder par un test moléculaire.
Il fait suite à la parution d’un premier rapport sur la situation de la chimiothérapie des cancers en 2007. Deux grandes évolutions favorables à une meilleure qualité de prise en charge mais entraînant de fortes augmentations de coûts sont mises en avant :
L’évolution conjuguée de l’incidence des cancers (voir figures ci-contre) et de la démographie de la population entraîne une augmentation importante de la consommation de soins destinés à l’ensemble des pathologies cancéreuses. Le nombre des chimiothérapies augmente rapidement, la pratique de la chimiothérapie « intraveineuse » concerne aujourd’hui plus de 250 000 personnes par an, avec une augmentation de plus de 10 % en 2008 par rapport à 2006. L’usage croissant de chimiothérapies soit en complément des traitements locorégionaux, soit de façon prédominante ont permis d’améliorer considérablement la survie dans de nombreuses pathologies cancéreuses mais génère un nombre de malades à traiter plus élevé, d’au moins 30 % supérieur au nombre de malades incidents.
Les molécules anticancéreuses innovantes et coûteuses inscrites sur la liste autorisant le remboursement représentent, en 2008, 58 % du coût total des médicaments remboursés en sus des GHS, soit plus de 970 millions d’euros (hors secteur privé). Le coût annuel de ces médicaments anticancéreux innovants a augmenté de 15 % entre 2007 et 2008, avec, en 4 années, le développement de 21 nouvelles molécules ayant obtenu leur AMM en oncologie en France. Ces médicaments innovants sont remboursés aux établissements sous réserve de respecter les référentiels de bon usage produits par l’INCa et l’Afssaps.
Sécurité et de maîtrise des coûts : Ce rapport propose quatre pistes de réflexions
la révision régulière des molécules inscrites dans la « liste en sus des GHS » ;
la mise en œuvre de contrôles ciblés du respect des référentiels de bon usage ;
la mise en œuvre de mesures spécifiques pour restreindre l’usage des chimiothérapies « ciblées » aux seuls malades pouvant en obtenir des bénéfices sur la base des tests moléculaires pratiqués en préalable à leur utilisation.
Ainsi, six molécules aujourd’hui correspondent à cette toute nouvelle définition : il s’agit de molécules « ciblant » un évènement moléculaire déterminant pour leur activité antitumorale. Elles ne sont donc efficaces que si un test moléculaire a été effectué dans la tumeur du malade, confirmant l’intérêt de la prescription (voir ci-contre).
Le rôle des plateformes de génétique moléculaire des cancers dans le ciblage des chimiothérapies : Réparties sur l’ensemble du territoire, 29 plateformes régionales ont pour vocation de réaliser des tests moléculaires pour l’ensemble des patients de la région et de permettre ainsi à ces derniers de bénéficier d’une prise en charge personnalisée et adaptée. Elles peuvent contribuer à la réalisation de recommandations spécifiques pour l’usage de certaines de ces molécules dans les cancers métastatiques après plusieurs lignes de traitement.
Source : InCa Lire le rapport La situation de la chimiothérapie des cancers en 2009 (1.69 MB)
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Cette actualité a été publiée le 02/12/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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