CANCERS DE LA THYROÏDE : Une fréquence en augmentation
Actualité publiée le 03-11-2009
BEH-InVS
Environ 3.700 nouveaux cas de cancers de la thyroïde sont découverts chaque année en France. Si le cancer de la thyroïde est considéré comme un cancer rare, depuis une vingtaine d’années, on observe une augmentation de sa fréquence, davantage chez les femmes (+ 4.8 % par an) que chez les hommes (+ 2.9 % par an). Cette progression vient d’être confirmée par la publication d’une étude de l’Institut de veille sanitaire (InVS) sur l’estimation de l’incidence des maladies thyroïdiennes dans la cohorte SU.VI.MAX qui conclut à une incidence des nodules thyroïdiens plus élevée que celle retrouvée dans la littérature.
Avec 3.700 nouveaux cas diagnostiqués en 2007, le cancer de la thyroïde reste relativement rare en France. Il se situe au 12ème rang de l'ensemble des cancers, et au cinquième chez la femme et représente environ 1% des cancers survenant dans la population générale en France. Une augmentation de son incidence est cependant constatée depuis plus de 20 ans : elle est notamment liée à une meilleure détection, obtenue par les progrès apportés aux méthodes diagnostiques et aux traitements des maladies thyroïdiennes. La mortalité liée à ce cancer est faible (environ 430 décès par an) grâce au dépistage de ces tumeurs à un stade de plus en plus précoce et à des traitements efficaces.
Les maladies de la thyroïde (dysthyroïdies, goitres et nodules) représentent, pour l’Assurance Maladie, un remboursement de 147 millions d’euros en 2007, que ce soit pour les bilans hormonaux thyroïdiens et ou le Levothyrox, principal traitement médicamenteux. Elles constituent un facteur de risque des cancers thyroïdiens, L’étude publiée par l’InVS visait donc à estimer précisément l’incidence de ces maladies chez des adultes d’âge moyen en France.
Une « fréquence » importante dans la population : L’InVS a utilisé les données biologiques et cliniques recueillies dans le cadre de la cohorte SU.VI.MAX (hommes de 45-60 ans et femmes de 35-60 ans à l’inclusion). L’incidence a été estimée de façon séparée pour les événements biologiques et morphologiques. L’incidence globale des dysthyroïdies a été estimée à 2,0%, celle de l’hypothyroïdie s’élevant à 1,3% pour un suivi moyen de 7,5 années. Après 45 ans, les femmes sont plus affectées par les maladies thyroïdiennes que les hommes : L’incidence annuelle moyenne était de 267 cas pour 100 000 pour l’ensemble de la population étudiée, à savoir 70 cas pour 100 000 chez les hommes (45-60 ans à l’inclusion) et 403 cas pour 100 000 chez les femmes (35-60 ans à l’inclusion). Après un suivi moyen de 7 années, l’incidence globale des anomalies morphologiques a été estimée à 4,6%, celle des nodules s’élevant à 3,9%. Donc une « fréquence » importante dans la population générale adulte en France.
Nodules et cancers : Les cancers sont des nodules solides ou mixtes en échographie et froids en scintigraphie, mais la majorité des nodules bénins ont également ces caractéristiques. Aussi, même parmi ces nodules, seuls 10 % sont des cancers. Dans cette étude, L’incidence annuelle des nodules thyroïdiens observée semble plus élevée que celle retrouvée dans la littérature.
Cette étude montre donc que l’incidence de ces maladies est relativement élevée dans la population générale et propose des données de référence dans la population adulte de 35-60 ans chez les femmes et 45-60 ans chez les hommes. La pathologie thyroïdienne représente donc une fraction importante de la morbidité générale, en particulier dans la population féminine.
Mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 3 novembre 2009
Source/ pour en savoir plus : InVS et http://www.e-cancer.fr/v1/fichiers/public/livret_cancer_thyroide.pdf (Vignette « Scintigraphie montrant (à gauche) un nodule froid » et visuel échographie)
Lire aussi : Pathologies du sein, de la thyroïde et de l’abdomen : 2 ONDES pour mieux les dépister -3è SEMAINE NATIONALE DE LA THYROIDE : Environnement et...hérédité -
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 03/11/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|