CANCERS : Et si l’aspirine pouvait réduire de 30% le taux de mortalité ?
Actualité publiée le 07-12-2010
The Lancet
Oui, de 20 à 30% selon les cancers et selon la durée du traitement qui doit être quotidien. Cette étude réalisée par la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM) et l’Université d’Oxford, montre en effet qu’une faible dose d'aspirine, quotidienne et sur au moins 5 années, réduit le risque de décès plusieurs cancers. Ces résultats publiés dans l’édition en ligne avancée du 7 décembre de la revue The Lancet, viennent compléter les données déjà connues sur le bénéfice de l’aspirine à faible dose et à long terme dans la réduction de la mortalité liée au cancer colorectal.
Car plusieurs études dont celle publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) (1) (août 2009) réalisée par des chercheurs du Massachusetts General Hospital et de l’Harvard Medical School avaient déjà confirmé un effet positif de l’aspirine ou acide acétyl-salicylique (ASA) dans le traitement du cancer colorectal jusqu’à réduire de 29% le risque de rechute.
Mais, dans cette étude, menée par le Pr. Peter Rothwell, plusieurs éléments de preuve suggèrent que l'aspirine pourrait également réduire le risque lié à d'autres cancers, notamment du tractus gastro-intestinal.
Les chercheurs ont étudié les données de décès dus au cancer, avec prise quotidienne ou non d'aspirine issues de 3 essais randomisés réalisés au U.K., portant à l'origine sur la prévention des événements vasculaires. En comparant ces résultats, selon prise quotidienne ou non d’aspirine, sur une durée moyenne de 4 ans ou plus, ils ont pu déterminer l'effet de la prise d’aspirine sur le risque de décès par cancer gastro-intestinal et non gastro-intestinal.
Sur la base de données correspondant à 25 570 patients dont 674 décès par cancer, le taux de mortalité lié à un cancer est réduit de 21% avec la prise régulière d’aspirine ([OR] 0,79, IC 95% 0,68 p -0 ° 92, = 0,003). Mais après analyse des données individuelles des patients, c’est après 5 années de prise régulière d’aspirine que le taux de mortalité chute. Le risque de décès par cancer s’avère plus faible dans les groupes sous « aspirine » vs groupes témoins de 20% environ. La période de latence avant la constatation d’un effet sur les décès est d'environ 5 ans pour les cancers de l'œsophage, du pancréas, du cerveau et du poumon, mais s’avère plus long pour les cancers de l'estomac, colorectal et de la prostate. Pour le cancer du poumon et de l'œsophage, cet effet positif de l’aspirine est limité aux adénocarcinomes.
Les chercheurs concluent donc que la prise quotidienne d'aspirine réduit les décès dus à plusieurs types de cancers fréquents. Ces effets augmentent avec la durée du traitement quelles que soient les populations étudiées. Bien évidemment, ces résultats ont d’importantes implications pour les directives d’utilisation de l'aspirine mais aussi pour la compréhension de la cancérogenèse et l’optimisation des stratégies thérapeutiques.
Sources : The Lancet Early Online Publication, 7 December 2010 doi:10.1016/S0140-6736(10)62110-1 « Effect of daily aspirin on long-term risk of death due to cancer: analysis of individual patient data from randomised trials », JAMA (1) « Aspirin Use and Survival After Diagnosis of Colorectal Cancer », traduction, adaptation, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 7 décembre 2010
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Cette actualité a été publiée le 07/12/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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