CAS DE PESTE AU TIBET : Une ville entière sous quarantaine
Actualité publiée le 06-08-2009
Surveillance
Une ville entière, au Tibet mise en quarantaine, pour cause de peste, sous la forme pulmonaire, la plus virulente et mortelle de la maladie, selon l’OMS. Les autorités sanitaires viennent de notifier 12 cas de peste pulmonaire dont 3 décès et 1 cas sévère dans la ville de Ziketan au Tibet. Cette maladie à laquelle on attribue plus de 200 millions de morts dans l’histoire de l’humanité…
12 cas de peste pulmonaire viennent d’être identifiés au Tibet. Un berger est décédé d’une forme bubonique avec une forme pulmonaire secondaire. Les autres cas sont survenus dans l’entourage du berger probablement contaminés lors des funérailles. Les 10.000 habitants de la ville de Ziketan sont placés en quarantaine par les autorités chinoises depuis le 1er août. La ville disposerait de suffisamment de réserves de nourriture, néanmoins l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait part de ses inquiétudes devant la forme observée de la maladie, la plus virulente et mortelle de la peste. Des équipes médicales mènent des opérations de désinfection dans la région.
La peste a touché 38.310 personnes et provoqué 2.845 décès, de 1989 à 2003 et présente donc un taux de mortalité de 34,2%). Plus de 25 pays ont déjà été touchés dont la majorité en Afrique et en Amérique mais aussi en Asie.
La peste est une zoonose due à une bactérie, la «Yersinia pestis », transmise par la piqûre de la puce ou un contact avec des liquides biologiques infectés et dont le principal réservoir sont les rats, les écureuils et les autres rongeurs. Le sujet infecté présente un "syndrome grippal" après une incubation de 3 à 7 jours avec une apparition brutale de la fièvre, des frissons, des céphalées, des douleurs dans tout le corps, une faiblesse généralisée, des nausées et des vomissements. Au stade clinique, la maladie peut se manifester sous trois formes différentes en fonction de la voie d'infection : peste bubonique, septicémique ou pulmonaire. La transmission interhumaine peut avoir lieu, en cas de promiscuité par inhalation directe de la bactérie, par projection de gouttelettes respiratoires, ou inoculation directe en cas de coupure par exemple. La forme pulmonaire est à l’origine de la transmission interhumaine directe.
Son traitement est à base d’antibiotiques, sa prévention par antibioprophylaxie. A ce jour, il n’existe pas de vaccin contre la peste. Quelques formes ont donné lieu à des cas de résistance. Généralement associée à des conditions de vie précaire et la diffusion de ces souches résistantes dans la communauté pourrait compliquer la prise en charge des cas dans les pays en développement.
En l’absence de traitement, le taux de mortalité se situe donc entre 30% et 60%, avec une mort quasi certaine en cas de formes pulmonaire et septicémique. L’Institut Pasteur a développé des tests de dépistage rapide.
Sources InVS et note InVS élaborée avec l’aimable collaboration du CNR de la Peste et des autres Yersinioses (Drs. E. Carniel et F. Guinet, Institut Pasteur - Le phage filamenteux produit par Yersinia pestis, l’agent de la peste
(microscopie électronique, fausses couleurs) © Institut Pasteur- Vignette : Le phage filamenteux produit par Yersinia pestis, l’agent de la peste- ) Aujourd’hui la Chine, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 6 août 2009
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Cette actualité a été publiée le 06/08/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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